Le groupe minier brésilien Vale s'engage à investir 10 milliards de dollars au Canada

Accusé par des responsables politiques locaux et les syndicats d'avoir négligé ses actifs au Canada, le groupe brésilien Vale est déterminé à couper court à toute polémique. Dans un contexte local chauffé à blanc pour les miniers internationaux en raison de l'offre non sollicitée - puis abandonnée - de l'Anglo-australien BHP Billiton sur le géant canadien de l'engrais Potash, la direction de Vale a fait une annonce rassurante. Au cours des cinq prochaines années, le premier producteur mondial de minerai de fer investira près de 10 milliards de dollars (7,35 milliards d'euros) au Canada dans plusieurs projets, notamment dans les provinces de l'Ontario et celle de Terre-Neuve-et-Labrador pour développer ses productions de nickel et de cuivre. D'ici à 2012, le groupe décidera par ailleurs s'il implantera une mine de potasse dont le coût s'élèvera entre 2,5 et 3 milliards de dollars. Les opérations de Vale dans le pays sont pour l'essentiel composées des actifs du producteur de nickel Inco, racheté en 2007 pour 18,8 milliards de dollars. Il s'agissait de la première acquisition internationale majeure du groupe basé à Rio de Janeiro. Afin de profiter des perspectives de croissance des pays émergents, Vale a promis à la communauté financière d'investir 24 milliards de dollars au cours des prochaines années. Cette offensive est appréciée par les analystes après la publication de résultats ayant plus que triplé à 6 milliards de dollars au troisième trimestre. Pressions politiques ?Mais au Canada, la direction du syndicat de la sidérurgie United Steelworkers a qualifié de « cynique » l'annonce des 10 milliards de dollars d'investissement attendus, car elle juge qu'ils sont davantage le résultat de pressions politiques que d'une réelle « volonté d'investir dans ses opérations » locales. Pendant près d'un an, une grève a affecté certaines activités de Vale dans le pays où le groupe a confirmé qu'il allait progressivement fermer une fonderie de nickel dans la province du Manitoba. Les autorités locales affirment que 500 emplois sont menacés tandis que le minier assure qu'il peut réduire ses activités sur ce site sans procéder à des licenciements secsAu Brésil, Vale a aussi été critiqué par le président Lula da Silva après le limogeage de 2.000 employés en raison de la crise. Que ce soit sur ses terres ou à l'étranger, Vale veut désormais éviter les frictions avec les pouvoirs publics. C'est l'engagement qu'a pris cette semaine Ricardo Flores, actuel directeur de Previ, un puissant fonds de pension présent au capital du groupe, mais dont les médias brésiliens attendent la nomination à la tête de Vale lors de son conseil d'administration du 25 novembre. «L'environnement naturel de Vale est celui du monde des affaires, pas des pages des journaux en raison de propos polémiques », a déclaré le responsable au quotidien Valor Economico. Éric Chalmet

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