La faiblesse des taux fait le miel de la dette émergente

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L'Albanie, encore sous le joug communiste il y a peu, se prépare à réaliser son premier emprunt obligataire eurobond de 300 millions d'euros. Le pays a déjà entamé le processus de sélection de l'établissement bancaire qui devrait être chargé de l'opération. Surprenant ? Pas tant que cela. Jugé encore exotique, ce type d'annonce effectué par des pays qui n'ont encore jamais accédé au marché du crédit international est en train de devenir une vraie tendance. Derrière l'ancienne dictature de Enver Hodja, l'Angola, la Côte d'Ivoire, ou encore la Biélorussie, pour n'en citer que quelques-uns, ont également indiqué qu'ils avaient en tête ce type d'émissions. Les Philippines, le Mexique, la Pologne, la Turquie et l'Indonésie, déjà connus sur ce type de marché, ont à eux seuls déjà levé près de 11 milliards de dollars sur les premières semaines de l'année? Un record pour ces pays en voie de développement depuis au moins 1999. À titre de comparaison, l'an dernier, le montant total des émissions du monde émergent avait atteint 224,9 milliards de dollars, dont 83,8 de dette souveraine et 141,1 de dette émise par les entreprises et les quasi-souverains.étoffer les réservesLe contexte de taux « sans risque », historiquement bas aux États-Unis, du moins sur la partie courte, mais aussi les primes de risques plus favorables expliquent en partie cet engouement. Il incite ces pays à se ruer sur le marché international pour y récupérer des dollars, des yens ou des euros, en vue d'étoffer ou reconstituer leurs réserves de change. Et ils ont raison car, en face, les investisseurs se font moins insensibles aux fondamentaux de ces pays. « À l'heure où les doutes grandissent sur la qualité de la dette de certains souverains pourtant encore parmi les mieux notés, la classe des pays émergents n'a, elle, cessé d'améliorer son profil », confirme Martial Godet, responsable des marchés émergents chez BNP Paribas IP. Au cours des six dernières années, les révisions à la hausse de la dette souveraine par Standard and Poor's ont surpassé les déclassements. « Aujourd'hui, les deux tiers de l'univers émergent disposent d'une note supérieure ou égale à BBB-, ajoute ce stratège, ce qui, pour les investisseurs donne désormais la possibilité de bâtir un portefeuille sur un univers classé en catégorie investissement. » « Tous ces ?deals? ne tombent pas du ciel », ironise Jean-Dominique Bütikofer, chez UBP, « ils ont également été savamment préparés par les banques d'investissement qui, dans un environnement de taux bas, se tournent vers ces pays qui offrent plus de rendement à leur clientèle ».

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