La série TV, un nouveau genre cinématographique

Série TV ou film de cinéma, ce «?Carlos?», dont les abonnés de Canal Plus ont découvert mercredi le premier des trois volets, juste après la projection de la totalité des 5 h 33 min de la vie du terroriste, au Palais des Festivals de Cannes ? Le sujet a fait débat entre Thierry Frémaux, délégué général du Festival, qui voulait le retenir en compétition, et le président Gilles Jacob, qui a souhaité laisser cette « oeuvre tél頻 hors compétition - rigueur épargnée à « Elephant » de Gus Van Sant, produit pour la chaîne américaine HBO et palme d'or en 2003. À Canal Plus, Rodolphe Belmer, directeur général et promoteur du label de « création originale » pour la fiction, revendique le fait que « la série télé devient un genre audiovisuel majeur », avec « une forme narrative qui a sa propre logique artistique » et attire de grands auteurs de cinéma. « Un film permet de raconter une histoire, explique-t-il, le rythme d'une série permet, en plus, de raconter un personnage... » La décision du Festival montre que le 7e art regarde encore un peu de haut le petit écran, qui finance pourtant le tiers des films français. parcours imposéUne version condensée en 2 h 30 de la série a été montée pour une sortie en salles. Pour la France, la date de sortie n'est pas arrêtée. Et on ne verra pas l'intégralité dans les cinémas français, assure Rodolphe Belmer, pour qui il n'est pas question de ne pas respecter « la chronologie des médias », cet échelonnement des périodes d'exploitation d'un film qui impose de débuter par la salle de cinéma, avant la télévision payante, puis gratuite. Une logique économique qui sous-tend le modèle de Canal Plus, fondé sur l'exclusivité de ses programmes. En France, faute d'être abonné à Canal, il faudra attendre une éventuelle sortie DVD pour voir la version intégrale. Un problème qui ne se pose pas dans d'autres pays. Distribué par Studio Canal, filiale du groupe Canal Plus, « Carlos » se vend à l'international sous les deux formats film et série, pour les salles, la TV, le DVD ou la vidéo à la demande. En effet, avec un budget de 14,2 millions d'euros, dont autour de 7 millions apportés par Canal Plus (plus un apport du producteur Film en Stock, d'Arte et de l'allemand Beta Films), soit autour de 3 millions de l'heure, « Carlos » s'aligne sur les standards internationaux en matière de séries TV. La chaîne américaine Sundance Channel a acquis le triptyque et Carlos sortira aussi dans les salles IFC aux États-Unis. Deux festivals américains à Telluride et New York projetteront l'intégrale. Après avoir prévendu le film sur une dizaine de territoires, Studio Canal espère vendre les droits de « Carlos » dans le reste du monde au marché du film à Cannes. Isabelle Repiton

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