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Le bilan (en réalité) très mitigé du gouvernement Merkel II

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Publié le 19 septembre 2013 à 21:04 - Mis à jour le 19 septembre 2013 à 21:04

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Mercredi, le gouvernement Merkel II, celui issu de la coalition conservatrice-libérale victorieuse lors des élections fédérales de 2009, a tenu son dernier conseil de cabinet avant le scrutin de ce dimanche. Le moment de tirer un bilan de quatre ans d\'action pour cette alliance que, en 2009, la chancelière Angela Merkel appelait de ses vœux. Un bilan qui, vu de l\'étranger, peut paraître radieux, mais qui est en réalité très mitigé.L\'adieu aux baisses d\'impôtsEn octobre 2009, la coalition avait conclu son « contrat de coalition » sur plusieurs promesses-choc. La principale était une vaste réforme fiscale qui devait permettre de réduire les impôts en moyenne de 24 milliards d\'euros par an sur la législature. On en est très loin, car pratiquement rien n\'a changé. Après neuf mois de désaccord sur la méthode, Angela Merkel, le 10 mai 2010, a sifflé la fin de cette promesse en faisant de la consolidation budgétaire la priorité de son mandat. Et elle a alors clairement enterré cette réforme.Une volte-face énergétiqueSur le plan de la politique énergétique, la coalition actuelle avait défendu dans sa campagne électorale de 2009 une remise en cause de la sortie du nucléaire en 2025 décidée en 2000 par les Verts et les Sociaux-démocrates. En 2010, elle faisait passer une loi qui allongeait la durée de vie des réacteurs jusqu\'en 2030, voire 2050 au nom de la théorie de la « technologie-pont » : le nucléaire assurera la transition entre les énergies fossiles et les énergies renouvelables.Mais dès le lendemain de la tragédie de Fukushima, en mars 2011, la chancelière fait un tournant à 180 degrés de sa politique. En juillet, une loi prévoit une sortie du nucléaire complète dès 2022. Mais la mise en place de cette nouvelle politique est malaisée et risque d\'être un des plus grands défis de l\'Allemagne au cours de la prochaine législature. Les alternatives au nucléaires manquent et l\'Allemagne doit se tourner à nouveau vers le charbon, alors que le réseau électrique doit être redéployé pour permettre le cheminement de l\'électricité produite au nord par l\'éolien vers les centres industriels du sud. Sur ce plan, rien n\'a été fait, faute de moyens budgétaires. De même, dans le domaine de la rénovation thermique des logements, les actes manquent. L\'absence de politique socialeSur le plan social, la chancelière a peu agi, malgré les rapports alarmants sur le développement de la pauvreté, notamment chez les enfants et les personnes âgées. En 2009, la coalition avait promis des pensions réévaluées et un supplément pour les mères qui n\'avait pas cotisé ainsi qu\'une égalisation des retraités versées à l\'est et à l\'ouest. Aucune de ses promesses n\'ont été tenues. Le chantier de la dépendance que la coalition avait promis d\'ouvrir et qui, là aussi, commence à devenir urgent avec le vieillissement accéléré de la population, est lui aussi resté soigneusement fermé.Une politique familiale datée et inefficaceAngela Merkel s\'est plus attachée à la politique familiale. Mais sans créativité : elle s\'est contenté d\'augmenter les allocations familiales. Du coup, les effets de cette politique sont restés très faibles et, au cours, de la législature, l\'indice de fécondité est demeuré très bas à 1,37-1,38 enfant par femme. La question du manque de main d\'œuvre, notamment qualifiée, reste, du coup, entier.Certes, le gouvernement a légèrement abaissé les critères pour l\'entrée de la main d\'œuvre extracommunautaire, mais il s\'agit là d\'une demi-mesure car l\'allié bavarois de la CDU, la CSU, est très conservatrice en matière d\'immigration. Or, de plus en plus de secteurs ont de graves problèmes pour trouver des travailleurs et la question de l\'attractivité de l\'Allemagne pour les jeunes diplômés étrangers, clés de l\'innovation si importante outre-Rhin, n\'est pas réglée.Un bon bilan économiqueSur le plan économique, le bilan de la coalition est incontestablement bon. L\'Allemagne s\'est vite remise de la crise terrible de 2009. Le gouvernement Merkel a, sans le dire, procédé à un rééquilibrage modeste de l\'économie allemande en soutenant en 2011 les revendications syndicales concernant les hausses de salaires. Mais la compétitivité du pays reste plus prioritaire que le développement de la consommation et ce soutien discret aux syndicats s\'est vite éteint après la crise de 2012.Globalement, Angela Merkel n\'a pas changé le cadre légal, mais a continué à soutenir les intérêts allemands à l\'export par sa politique amicale envers la Chine ou la Russie, par exemple.Une baisse du chômage... sans politique de l\'emploiDans le domaine de l\'emploi, l\'Allemagne a connu au cours de ces quatre dernières années une forte baisse du chômage. De près de 8 %, le taux de chômage est passé à 5,4 %. Le pays est en état de quasi-plein emploi. Mais doit-on en féliciter le gouvernement Merkel II ? Ce serait paradoxal dans la mesure où ce dernier n\'a mené aucune vraie politique de l\'emploi. Il a laissé le marché poursuivre son redressement.Le Kurzarbeit et les mesures de flexibilité utilisées durant la crise de 2009 sont le fait soit des gouvernements Schröder, soit de celui de grande coalition (2005-2009). La situation démographique, l\'activité économique, le développement des emplois à temps partiel et les réformes Harz ont fait le reste, sans qu\'Angela Merkel  s\'en mêle.Un équilibre budgétaire atteint grâce aux Länder...et aux impôtsEn termes budgétaire, le bilan peut également paraître positif. L\'Allemagne a retrouvé en 2012 l\'équilibre de ses comptes publics. Mais cet équilibre doit surtout à la gestion des Länder et à celle des assurances sociales. L\'Etat fédéral continue d\'emprunter et cette année plus que l\'an dernier. Le ministre des Finances Wolfgang Schäuble vise cependant en 2014 le plus bas déficit depuis 40 ans et le retour à l\'équilibre en 2015. Mais cet objectif n\'est pas cohérent avec les promesses actuelles de la CDU…L\'Etat fédéral a baissé les dépenses principalement sur les investissements et les dépenses sociales, deux sujets où les besoins d\'action sont pourtant urgents. Mais globalement, en 4 ans, les dépenses fédérales ont augmenté de près de 7 %, soit une moyenne de 1,75 % par an, en ligne avec l\'inflation. Le secret de la consolidation budgétaire allemande, c\'est donc l\'augmentation des recettes fiscales. Et on comprend mieux pourquoi Angela Merkel a, très vite, oublié ses promesses de baisse des impôts.Une action européen contestableReste le bilan européen. La politique Merkel a été faite d\'hésitations, de volte-face et de dénis qui, jusqu\'en 2012, ont aggravé la crise. Le retour au calme s\'explique surtout par les actions de la BCE, tolérées par Berlin du bout des lèvres. Quant à son insistance sur l\'austérité, elle a mis en péril plusieurs économies périphériques et a créé des tensions politiques que l\'Europe devra gérer les prochaines années.Surtout, en dehors d\'une application à tous du « modèle allemand », Angela Merkel manque cruellement de projets pour l\'Europe, ce qui n\'a guère redoré le blason de l\'UE auprès des citoyens. Au final, Angela Merkel a mené une politique attentiste et opportuniste. Les Allemands ne s\'y trompent pas : s\'ils plébiscitent Merkel chancelière, ils sont fort déçus de sa coalition. Les Libéraux pourraient ne pas entrer au Bundestag et les sondages font de la « grande coalition » SPD-CDU/CSU le choix préféré des électeurs.

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