Le malaise grandit dans le monde de la justice

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Magistrats, greffiers, personnel de justice, avocats... Une coordination de 16 associations et/ou syndicats appelle à un blocage des audiences dans les tribunaux à partir de ce lundi. Tous expriment leur ras-le-bol face au manque de moyens ainsi que leur lassitude quant au peu de cas que ferait ce gouvernement de l'indépendance de la justice. La proposition lancée dans « Le Figaro Magazine » par le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, d'élire les juges de l'application des peines et les présidents de tribunal correctionnel conforte ces craintes, même si cette option a immédiatement été démentie par François Fillon. « C'est un miracle tous les jours que la justice fonctionne. Il y a un profond malaise qui a tendance à s'aggraver », prévient Christophe Régnard, président de l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire). « Tout mutualiser »Parmi les accusés, la révision générale des politiques publiques (RGPP). Selon la coordination, le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux s'applique dans la justice. Et de pointer du doigt le nombre insuffisant de greffiers, lesquels en conséquence ne peuvent être présents à toutes les audiences. Faute de personnel, certains d'entre eux s'occuperaient de l'accueil. « Avec la RGPP, on veut tout mutualiser. Il n'y a plus de reconnaissance des spécificités des métiers », regrette Catherine Tabard-Kalck, représentante de Justice Solidaires. L'entourage de la garde des Sceaux, Michèle Alliot-Marie, se défend, expliquant que la RGPP consiste à dépenser mieux et non pas à baisser le budget de la justice, ce qui implique un changement de culture. Le budget s'élève à 6,86 milliards d'euros en 2010 (+ 3,42 % par rapport à 2009) et « il a augmenté de plus de 50 % depuis 2002 », insiste Guillaume Didier, porte-parole du ministère. De même, à la suppression de 3.000 postes entre 2007 et 2010 dans les services de la protection judiciaire de la jeunesse répondraient des créations de postes. Ainsi, selon l'entourage de la ministre, depuis 2007, le nombre de surveillants dans les établissements pénitentiaires a progressé de 3.000 et celui des greffiers de 4.000. Le budget 2010 prévoyait de recruter 1.030 agents supplémentaires. Selon les documents fournis au printemps, le ministère de la Justice affiche pour 2011, 400 créations d'emplois. Mais ces efforts budgétaires sont confrontés à une réalité : la judiciarisation des conflits. De plus en plus d'affaires se terminent devant les tribunaux, posant avec acuité la question du financement de l'accès à la justice, surtout dans la perspective de la réforme de la procédure pénale. 299 millions d'euros sont consacrés en 2010 à l'aide juridictionnelle. « C'est l'un des plus bas budgets en Europe. Et des missions d'aide juridictionnelle ne seront sans doute pas payées », s'inquiète Maxime Cessieux, membre du Syndicat des avocats de France. Le ministère mène une réflexion avec les assureurs en protection juridique. Frédéric Hasting

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