La Cour des comptes épingle le Centre des monuments nationaux

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« Cette situation n'est plus tenable ». Entendu par les sénateurs de la commission des Finances, Jean Picq, le président de la troisième chambre de la Cour des comptes, donne d'emblée le ton : le Centre des monuments nationaux (CMN), qui gère 98 monuments culturels répartis dans 18 régions françaises, doit revoir son fonctionnement. Il lui faut, selon le magistrat, impérativement définir avec l'Etat son statut, son financement et son périmètre d'action, dans les plus brefs délais. Sous tutelle des ministères de la Culture et du Budget, le Centre des monuments nationaux est chargé d'entretenir, conserver, restaurer et ouvrir à la visite 98 des lieux les plus emblématiques du patrimoine culturel français sur les 1.700 monuments protégés par l'Etat, dont l'Arc de Triomphe, le Panthéon, l'abbaye du Mont-Saint-Michel ou encore la cité médiévale de Carcassonne. Doté d'un budget de fonctionnement de 80 millions d'euros et de plus de 1.200 agents, ces monuments ont accueilli en 2009 près de 9 millions de visiteurs.Or, d'après les rapporteurs de la Commission des finances du Sénat, depuis 2003 le CMN se caractérise par l'opacité dans la gestion du financement public, l'absence de contrat de performance avec l'Etat et le flou sur ses missions réelles. Pour leur défense, Isabelle Lemesle, la présidente du CMN, et les représentants des ministères de la Culture et du Budget ont pointé du doigt les multiples réformes qui ont empêché le CMN d'exercer correctement sa compétence.Enfin, alors que dix monuments, dont la Sainte-Chapelle, Notre-Dame ou le château d'Angers, totalisent les trois quarts des recettes du CMN et que 78 monuments sont déficitaires, le Sénat conseille l'Etat et son opérateur à opter sur un choix clair entre réduire le parc en gestion aux monuments les plus rentables et transférer les autres aux collectivités locales, ou tabler sur un système de péréquation. L'Etat a d'ores et déjà cédé 11 monuments nationaux, tels que le Haut-Koenigsbourg, et cinq autres, dont le château de Chambord, sont devenus établissements publics. Isabelle Lemesle, opposée au transfert des monuments les plus rentables, a reçu mardi le soutien du ministère de la Culture. Sylvain Rolland

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