Apple trébuche sur sa tablette
La Tribune
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Non, l'iPad n'est pas encore tout à fait le deuxième pilier du succès d'Apple, derrière l'iPhone. Le géant américain de l'électronique, qui a publié ses résultats du quatrième trimestre 2009-2010 lundi soir, a vendu 4,2 millions d'exemplaires « seulement » de sa célébrissime tablette tactile, de juillet à septembre, alors que les analystes financiers tablaient en moyenne sur 5 millions. Analystes qui ont par ailleurs jugé trop prudent l'objectif de bénéfice pour le premier trimestre 2010-2011, attendu à 4,80 dollars par action au lieu des 5,03 dollars espérés. Résultat, l'action Apple a flanché de près de 8 % lundi, dans les échanges électroniques après la clôture de la Bourse de New York. Elle ne cédait plus que 2 % à la mi-séance du Nasdaq mardi. Mais il faut dire que le cours avait franchi il y a tout juste une semaine le seuil symbolique des 300 dollars, portant à 51 % sa flambée depuis janvier.Steve Jobs, le patron d'Apple, a cru bon de monter en personne au créneau pour défendre les performances de sa société. Pour la première fois depuis deux ans, le big boss a participé à la conférence téléphonique avec les analystes, n'hésitant pas à critiquer sévèrement ses concurrents, comme Dell et Samsung. « Leurs tablettes, qui mesurent 7 pouces seulement (contre 9,7 pour l'iPad) sont moins sophistiquées mais plus chères que la nôtre, sont mort-nées », a décrété Steve Jobs. Il est vrai que les ventes mondiales de tablettes devraient excéder les 208 millions d'unités en 2014, selon le cabinet Gartner. Et cette progression sera vraisemblablement tirée par l'iPad, pionnier sur le tout jeune marché des tablettes. Les ventes moins fortes que prévu de l'iPad au dernier trimestre, certains analystes les attribuent précisément à des erreurs de jeunesse du produit, Apple ayant visiblement sous estimé le succès de sa tablette et peinant, par conséquent, à satisfaire la demande. « La capacité de production a constitué un véritable problème pour les ventes d'iPad », reconnaît le courtier JP Morgan.Cela n'a pas empêché Apple de signer un nouveau trimestre record, avec un chiffre d'affaires de 20,3 milliards de dollars, en hausse de 67 %, et un bénéfice net de 4,3 milliards, qui a grimpé de 70 %. Des performances bien supérieures aux prévisions des analystes sondés par l'agence Thomson Reuters. Sur l'ensemble de l'année, le chiffre d'affaires d'Apple, à 65,2 milliards de dollars, excède celui de Microsoft (62,5 milliards). Tout un symbole, Apple ayant déjà supplanté Microsoft en termes de capitalisation boursière, cette année.pied-de-nezCe nouveau trimestre record tient, une fois encore, aux performances de l'iPhone. Le fameux smartphone d'Apple - dont la quatrième version a été lancée en juin - s'est écoulé à 14,1 millions d'exemplaires au quatrième trimestre, au point de représenter 43 % du chiffre d'affaires total d'Apple. « Nous avons facilement battu les 12,1 millions de BlackBerry vendus par Research in Motion lors de leur dernier trimestre », s'est vanté Steve Jobs. Qui a également insisté sur les 275.000 iPhone vendus en moyenne chaque jour, un pied-de-nez à Eric Schmidt, le patron de Google, qui se plaît à évoquer régulièrement les quelque 200.000 smartphones sous Android (le système d'exploitation de Google) vendus chaque jour. Certes, Android est devenu le système d'exploitation pour smartphones le plus populaire aux États-Unis, selon Gartner. Mais l'iPhone pourrait conquérir de nouveaux clients au pays de l'Oncle Sam si, comme le prétend la rumeur, l'opérateur Verizon distribue le smartphone d'Apple début 2011, cassant ainsi l'exclusivité d'AT&Tmp;T. Il s'agit peut-être là de l'une des « surprises » promises par Steve Jobs lundi, comme à chaque publication de résultats.
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