Le budget 2011 de Pôle emploi adopté sans la voix des syndicats

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Une « véritable mascarade ». C'est ainsi que Laurent Berger, secrétaire national chargé de l'emploi à la CFDT, a qualifié vendredi le vote du budget de Pôle emploi pour 2011, justifiant son refus d'y participer. Au final, lors du conseil d'administration, le budget a été approuvé par les seuls représentants de l'Etat et du patronat. Aucun syndicat n'a voté en sa faveur, préférant s'y opposer, s'abstenir ou ne pas participer au vote pour protester contre la diminution des moyens humains et financiers de l'organisme. « L'Etat a décidé une forte baisse des moyens de Pôle emploi », souligne la CFDT, rappelant la baisse des effectifs prévue (1.500 CDD et 300 CDI), l'absence de compensation financière du transfert de salariés de l'Association nationale pour la formation professionnelle des adultes (Afpa), la suppression des frais de gestion de l'allocation spécifique de solidarité (ASS). « Le budget a été adopté de justesse et on a frôlé la crise », a jugé de son côté Gabrielle Simon, expliquant que la CFTC s'était abstenue pour « éviter qu'un vote contre soit interprété comme une défiance envers Pôle emploi », alors que, selon elle, la seule responsabilité incombe au gouvernement. De son côté, Maurad Rabhi (CGT) s'est opposé au budget parce que « l'équilibre va se faire au détriment des demandeurs d'emploi et des agents, dont l'intensité du travail va augmenter avec la baisse des effectifs ».En revanche, Christian Charpy, directeur général de Pôle emploi, s'est dit « satisfait que le budget soit voté », et a déclaré à l'AFP que c'était « une étape importante passée » et souhaité « mettre en oeuvre le plus efficacement possible ce budget avec des contraintes ».Une « vision comptable »Deux ans après la création officielle de Pôle emploi, né de la fusion entre l'ANPE et les Assedic, les organisations syndicales apparaissent très remontée contre l'Etat. « Le Baromètre des services publics, publié jeudi, place Pôle emploi en queue de peloton sur la satisfaction des usagers. Cela confirme ce que la CFDT dénonce depuis des mois. L'Etat, lui, n'a qu'une vision comptable des services publics : ils doivent coûter le moins cher possible », poursuit la CFDT. Un point de vue qu'elle n'est pas seule à partager. Lundi, lors d'une réunion des directeurs d'organismes publics organisée à Bercy, Christian Charpy avait plaidé pour que « les relations financières entre l'Etat et les opérateurs soient à la fois claires, sincères et planifiées à l'avance », laissant entendre que ce n'était pas le cas actuellement. Isabelle Moreau

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