À nouveau en vente, Promovacances aiguise les appétits

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Et de trois. Pour la troisième fois en cinq ans, Promovacances va changer de mains. Son actionnaire actuel, Barclays Private Equity, a mandaté la banque d'affaires Banca Leonardo pour mener à bien la cession. La société, fondée et dirigée par Alain de Mendoça, serait valorisée entre 180 et 200 millions d'euros, soit environ 10 fois sa marge brute opérationnelle, qui devrait atteindre 20 millions d'euros en 2010 pour un chiffre d'affaires de 400 millions. La mise en vente du numéro un national ne passe pas inaperçue. Plusieurs acteurs s'agitent en coulisse. D'après nos informations, le fonds d'investissement Sagard, créé en 2002 par le milliardaire canadien Paul Desmarais, et le britannique Duke Street sont particulièrement intéressés par le tour-opérateur en ligne. Duke Street s'était déjà porté candidat en 2007 lors de la revente du site par Opodo. Nul doute que d'autres fonds rejoindront la course dans les jours qui viennent. La remise des offres de premier tour est attendue mi-janvier 2011. Reste à savoir quelle sera l'attitude d'Axa Private Equity et de Permira, propriétaires respectifs de Go Voyages et de eDreams. « Il n'est pas certain qu'ils soient intéressés », estime un proche du dossier. « Promovacances est spécialisé sur les packages alors que Go Voyages et eDreams proposent des vols secs. Ce n'est pas le même métier ». Sans compter que les deux fonds s'attelleront en priorité à conclure le rachat d'Opodo. Activité à risqueLa mise en vente de Promovacances intéresse également les acteurs du secteur au plus haut point. Et pour cause : le marché du tourisme en ligne affiche une croissance de 21 % cette année. Toutefois, la société est à la fois un revendeur et un producteur de voyages, une activité à risque et à faible marge. Cette activité de tour-opérateur confine Promovacances sur le marché français. Car, dans ce métier, on repart de zéro lors de chaque implantation dans un pays : l'affrètement aérien ne s'effectue pas sur les même axes et, une fois à destination, les vacanciers de différentes nationalités n'apprécient généralement pas d'être mélangés dans un même hôtel. L'expertise sur un marché est donc difficile à dupliquer.Les synergies seraient particulièrement fortes avec les deux majors européens que sont Thomas Cook et TUI. Ce rachat leur permettrait de rattraper leur retard en termes de distribution en ligne. Toutefois, Thomas Cook semble regarder le dossier avec prudence. De source proche, il estime la technologie du site insuffisante. Or c'est déjà l'un de ses points faibles. Le plus accroché à ce dossier devrait logiquement être TUI, propriétaire des tour-opérateurs Nouvelles Frontières (1 milliard d'euros de chiffre d'affaires) et Marmara (536 millions).Les synergies seraient particulièrement fortes avec les deux majors européens que sont Thomas Cook et TUI, que ce soit en terme de « tour-opérating », de distribution classique (il dispose déjà de 800 agences de voyages) ou en ligne, donnant même au passage un nouveau débouché à sa compagnie CorsairFly. De plus, TUI est capable de produire des voyages à des conditions plus compétitives que Promovacances. Grâce à ces synergies potentielles, les industriels seront donc certainement prêts à payer plus cher que les fonds.

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