Les « préretraites maison » des diplomates dérangent
La Tribune
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Ça fait désordre. Et suscite la grogne, y compris au sein des rangs de la majorité. En cause, un projet de décret qui permettrait à des diplomates de bénéficier d'un dispositif de fin de carrière. Ce texte sera examiné le 28 février prochain par le conseil supérieur de la fonction publique d'État. Révélée par « Le Figaro », l'affaire des préretraites pour les ambassadeurs en mal d'affectation arrive peu de temps après la réforme des retraites qui prévoit elle que les Français devront travailler plus longtemps. Et au moment où le gouvernement répète à l'envi qu'il faut doper l'emploi des seniors.Sentiment d'injusticeLe dispositif, destiné aux cadres supérieurs du ministère des Affaires étrangères âgés de 58 ans, comporterait une indemnité exceptionnelle de départ, puis une rémunération égale au salaire hors primes, entre six mois et trois ans. Ce versement serait cumulable avec une activité privée ou publique. « 30 diplomates pourraient se porter candidats à ce dispositif d'ici à 2013 », s'alarme dans un communiqué Arnaud Robinet, député de la Marne et secrétaire national de l'UMP en charge des retraites. Destiné à réduire les sureffectifs, le dispositif n'est pas nouveau. En 2008-2009, il avait permis à une vingtaine de hauts fonctionnaires de partir en préretraite.Le parlementaire tient donc « à mettre en garde contre l'aggravation du sentiment d'injustice entre le secteur privé et la haute fonction publique. cette dernière détient des privilèges qui sont généralement justifiés mais parfois archaïques et coûteux ». Et d'ajouter : « Il serait maladroit d'en revenir au mécanisme des préretraites, qui ont déjà prouvé leur inefficacité et leur charge pour la société ». Dans le secteur privé, les préretraites sont encore utilisées, parfois massivement comme chez Renault, mais l'État ne les finance plus. Isabelle Moreau
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