Les militaires israéliens s'accrochent à leur budget

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Le sacro-saint budget de l'armée en Israël a déclenché une guerre de positions entre le Trésor et le ministère de la Défense. La polémique, qui a débuté à la suite du récent vote du projet de budget par le gouvernement de Benjamin Netanyahu, est relayée ces derniers jours par les médias. Les critiques portent sur l'absence de « transparence » des comptes. «Nous sommes dans une situation où l'institution militaire vit dans une sorte d'Etat régit par d'autres lois », a constaté publiquement Shuki Oren, un haut responsable des Finances. Selon lui, le méga budget de la défense, qui représente 8,1% du PNB contre seulement 2 à 3% en moyenne dans les pays occidentaux, n'est soumis à aucun contrôle pour ce qui est des salaires et des appels d'offres lancés pour l'acquisition d'armes et de matériels. En d'autres termes, le Trésor, censé superviser les dépenses publiques, n'a pratiquement aucun droit de regard. Signe des temps : 60% des Israéliens, selon un sondage, estiment que le budget de la Défense, pratiquement équivalent à celui de l'Education et de la Santé réunis, est trop élevé. Pour tenter de contrer ces critiques, les responsables militaires ont « consenti » à relever progressivement l'âge de la retraite des personnels non-combattants de 45 à 50 ans, alors que les civils doivent travailler jusqu'à 67 ans. Autre concession : officiellement, le budget de la défense, d'un montant de 10 milliards d'euros, a subi une coupe de 520 millions d'euros. Mais, comme le souligne Néhémia Strassler, éditorialiste économique du Haaretz, un quotidien libéral d'opposition, il s'agit d'un faux semblant. «Grâce à des manipulations comptables, le budget de la défense va continuer d'augmenter », déplore-t-il. En guise de réponse, les militaires expliquent que le seul moyen d'éviter une fuite des officiers et des techniciens vers le secteur privé qui propose des salaires plus élevés est de maintenir des conditions de carrière suffisamment « attractives ». Un argument utilisé depuis des années, qui convainc de moins en moins.Pascal Lacorie, à Jérusalem

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