Quand Geodis jongle avec les produits high-tech

 |   |  739  mots
C'est sur l'ancien site IBM de Mayence, près de Francfort, que Geodis a installé un de ses sept sites européens dédiés à la logistique des retours. Deux vastes bâtiments où sont traités chaque année près de 300.000 équipements informatiques, du notebook au serveur, venus de toute l'Europe. Pour chacun, des process stricts assurent aux clients (fabricants, sociétés de leasing, grandes entreprises et administrations, détaillants, etc.) une traçabilité totale de tous les composants. Si l'entrée des biens et des personnes est très contrôlée, la sortie l'est encore plus !À Mayence, le site spécialisé dans les produits informatiques et d'impression est devenu un des grands centres de reconditionnement et de recyclage des produits IBM. Une des conséquences immédiates du rachat, en décembre 2008, d'IBM Global Logistics par Geodis. « La logistique des retours n'était qu'un centre de coûts pour IBM, précise Christian Meindl, responsable ?reverse logistics? chez Geodis et directeur du site de Mayence. Grâce à l'intégration de cette branche au sein de Geodis Logistics, les anciens clients sont devenus des collègues puisque nous avons intégré dans nos équipes d'anciens salariés d'IBM. Deux mondes se sont rencontrés, ce qui nous permet, grâce aux compétences et aux savoir-faire des deux entreprises, de toucher de nouveaux marchés. » Car à Mayence, il n'y a pas que des matériels d'IBM qui transitent. Toutes les marques sont présentes.Les produits sont collectés dans 24 pays, essentiellement en Europe, mais aussi en Israël et en Afrique du Sud, avant d'être envoyés sur le site de Mayence. À l'arrivée, les colis et palettes sont scannés et un numéro d'identité est attribué à chacun d'entre eux avant vérification du contenu. Puis un opérateur enregistre dans la base de données informatiques le type, le modèle et le numéro de série de chaque élément. Un numéro de série interne au site de Mayence est alors généré qui servira à l'identification du produit, tout au long de son traitement.Première étape : l'effacement de l'ensemble des données des disques durs. Geodis Logistics est une des trois entreprises allemandes à avoir les certifications nécessaires (TÜV SÜD) pour vérifier et effacer les données de tous les ordinateurs. Ce qui lui permet d'avoir des clients « sensibles » comme l'armée allemande ou la Deutsche Bank. Les appareils peuvent ensuite passer à la deuxième étape : un audit très précis de l'état technique. Les informations recueillies sont alors systématiquement envoyées aux clients qui peuvent ainsi connaître l'état exact de l'appareil. En cas de problème, les opérateurs procèdent au changement de certaines pièces (disque dur, mémoire, etc.) et à la mise à jour des composants et OS. « C'est un service à forte valeur ajoutée, notamment pour les produits en fin de bail de leasing », explique Christian Meindl.marché de l'occasionUne fois nettoyés et reconditionnés, les appareils repartent sur le marché de l'occasion dans les meilleures conditions possibles. « 82 % des produits qui passent par notre site de Mayence retrouvent une seconde vie. Les 18 % restants, qui présentent des dommages et dont la réparation n'est pas économiquement rentable, sont démantelés. Certains composants seront réutilisés pour de petites réparations, et le reste recycl頻, souligne Christian Meindl. Tous les matériaux sont stockés dans des conteneurs, dans le strict respect des normes environnementales : Geodis travaille exclusivement avec des entreprises certifiées dans la gestion des déchets électriques et électroniques. Le site de Mayence est d'ailleurs certifié ISO 14001 pour cette activité et est devenu la plate-forme centrale de recyclage pour l'Allemagne, l'Autriche, la Suisse, la Roumanie et les pays d'Europe centrale. « C'est une vraie fierté que l'ensemble des éléments soient recyclés ici, en Allemagne, et non pas envoyés dans des pays en voie de développement. Cela fait partie de la conscience environnementale de l'entreprise », insiste Christian Meindl.Entre l'arrivée chez Geodis et le départ des différents produits vers des courtiers en matériel d'occasion ou des bailleurs, il ne se passe, au maximum, que dix-sept jours. Un vrai challenge, d'autant que le site n'emploie que 175 collaborateurs et doit recourir au travail temporaire pendant les périodes de pic d'activité. B. D., à Mayence

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :