Les dossiers clés que Paris souhaite voir avancer

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En janvier 2010 commencera un nouveau cycle politique pour l'Union européenne (UE), avec l'investiture de la commission Barroso 2 et les premiers pas du président du Conseil, Herman Van Rompuy. Paris a toutes les raisons de se satisfaire de cet attelage dont elle a lourdement appuyé l'entrée en piste. Mais cela ne veut pas dire qu'elle aura gain de cause sur tous les sujets.Chargé de mettre en ?uvre les décisions du G20, José Manuel Barroso « a bien fait son boulot », estime une source française. Mais l'agenda est immense et le diable est dans les détails comme le montre le débat sur les hedge funds où Paris est à 180 degrés des positions scandinaves et britanniques. La France a néanmoins deux atouts : au Parlement, une escouade de députés français font jeu égal avec les Britanniques et les Allemands sur ces sujets et, à la Commission, Michel Barnier devrait récupérer les dossiers qui traitent de la régulation financière. Le « modèle rhénan » sera défendu.La crise l'a sérieusement fissuré. Alors qu'il y a trente ans, la Commission avait lancé une véritable OPA sur la restructuration de l'acier, l'actuel marasme de l'industrie automobile n'a suscité aucune coordination entre capitales. Mais la messe n'est pas dite. L'ancien commissaire Mario Monti a été chargé de faire des propositions pour relancer l'intégration économique, mais aussi sociale et fiscale. « Il en va de la souveraineté européenne. Sinon nous deviendrons les sous-traitants des Chinois », explique une source française. Rendez-vous au sommet européen du printemps 2010.L'annonce par le président Sarkozy d'une aide de 1,65 milliard d'euros aux agriculteurs en octobre n'est-elle pas le prélude à une renationalisation de la politique agricole commune (PAC) ? « Aucunement », assure un élu français influent. « Renoncer à la PAC serait privilégier un modèle d'agriculture industrielle et condamner les petites exploitations. La PAC a un prix, mais nous montrerons qu'il est moins élevé que ce que coûterait son absence », explique cette source. Le sujet sera au c?ur du débat sur le budget de l'UE qui s'ouvrira au second semestre 2010.Un « espace économique et de sécurité commun ». C'est l'offre de Nicolas Sarkozy à la Turquie (et à la Russie) en contrepartie du renoncement à l'adhésion pleine et entière. Mais les Vingt-Sept sont dramatiquement divisés à ce sujet. Attendues au printemps, les conclusions du groupe de sages sur l'avenir de l'Europe, présidé par l'Espagnol Felipe Gonzalez, relanceront le débat. Le nouveau président du Conseil, Herman Van Rompuy, s'est dit dans le passé hostile à l'adhésion turque. Mais il a promis d'être neutre dans ses nouvelles fonctions. « Mon opinion n'a pas d'importance. Elle est subordonnée à celle du Conseil. » Là encore, Paris devra convaincre.Florence Autret, à Bruxelle

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