La croissance américaine repart sur des bases saines

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Un « changement fondamental ». C'est ainsi que les économistes de Goldman Sachs qualifient la récente évolution de l'économie américaine. Depuis quelques semaines, les experts du monde entier sont à l'affût : après des mois d'encéphalogramme plat ou presque, l'activité de la première puissance mondiale sortirait-elle enfin du coma ? « Oui », ont répondu dès le 1er décembre les spécialistes de Goldman Sachs. Capables d'influencer fortement les marchés tant leurs paroles sont écoutées, les économistes de la firme ont été en tout cas imités par d'autres. Un nouveau vent d'optimisme souffle donc sur les États-Unis. Car à l'instar de Jan Hatzius, le patron de la recherche économique chez Goldman, d'autres, chez Morgan Stanley ou Pimco, estiment qu'aujourd'hui, une fois le coup de pouce du plan de relance dilué et les reconstitutions de stocks terminées - deux éléments qui ont soutenu les chiffres de la croissance ces derniers mois -, une nouvelle « croissance organique » se fait jour. Après avoir passé de longs mois à se désendetter et à épargner, voici en effet que les consommateurs américains dépensent à nouveau. Les premières statistiques, à l'occasion du lancement de la saison de shopping de fin d'année (hausse des ventes de 5,3 % selon Retail Metrics, contre 3,5 % prévu), le prouvent.Évidemment, l'accord sur le nouveau paquet fiscal, dont le texte de loi a été signé en fin de semaine dernière par le président Obama, constitue une nouvelle pièce au puzzle de la reprise. Avec un total de quelque 858 milliards de dollars sur deux ans - distribués aux contribuables, mais aussi aux entreprises (sous forme de crédits d'impôts), aux salariés (réduction des cotisations retraite) et aux chômeurs (allongement de la durée des indemnités chômage) -, le montant du nouveau dispositif fiscal dépasse celui du plan de sauvetage (787 milliards de dollars) adopté en février 2009. En conséquence, les économistes, qui avaient déjà commencé à réviser à la hausse leurs prévisions de croissance, refont aujourd'hui l'exercice, pour prendre en compte les effets positifs de ce nouveau « plan de relance économique ». « America is back »Goldman Sachs, qui avait passé ses prévisions pour 2011 de 2 % à 2,7 % en décembre, a de nouveau revu son pronostic, à 3,4 %, cette fois. Une position que partagent les spécialistes de Morgan Stanley. Ils ont rajouté un point à leur prévision de croissance pour l'an prochain, la portant à 3,9 %. Même Mohamed El-Erian, le patron du géant de la gestion Pimco, a revu à la hausse son évaluation, la passant à 3,5 % pour la fin 2011. C'était pourtant, depuis 2009, un fervent défenseur de la « nouvelle norme économique », à base de croissance molle... « Jamais, en cinq ans, nous avons eu pareil changement de perspective », conclut Goldman Sachs. « America is back » !

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