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Le marché du carbone attend l'AmériqueEn plein sommet de Copenhague, l'agence Bloomberg a annoncé le rachat d'un leader européen de l'information environnementale, New Energy Finance (NEF), très pointu sur le CO2. L'objectif de Bloomberg n'est pas de s'acheter une bonne conscience environnementale, mais plutôt de viser l'excellence sur une information qui excite au plus haut point les traders à qui il loue ses terminaux.À voir les banques se précipiter sur le marché du dioxyde de carbone, il semble que cette nouvelle matière première a tous les attributs pour devenir « the next big thing ». Initialement aux mains de quelques initiés et de la Banque mondiale, le marché du CO2 mobilise aujourd'hui la plupart des banques. Parmi les plus actives sur le segment, la Deutsche Bank, Barclays, la Société Généralecute; Générale en Europe, mais aussi Morgan Stanley et Goldman Sachs, ont recruté des flopées de traders pour les affecter à des «?desks?» spécialisés. Leurs services marketing proposent aux industriels des produits de couverture du risque carbone, destiné à limiter l'impact de la volatilité des cours du CO2. Certains s'aventurent même dans le montage de projets de réduction des émissions de gaz à effet de serre : JP Morgan a racheté un spécialiste du CO2, EcoSecurities, en octobre. Même topo pour Orbeo, filiale commune de Rhodia et de la Société Généralecute; Générale, qui développe désormais des projets dans le monde entier après le rachat de OneCarbon. Même Areva s'y met Les grands énergéticiens ne sont pas en reste. Déjà coutumiers des salles de marché pour le pétrole, le gaz naturel ou le charbon, tous les énergéticiens européens se montrent emballés par la finance carbone. Même Areva s'y met, entre deux projets de centrales !Et la finance carbone a désormais son lobby officiel, l'Ieta (International Emissions Trading Association), qui rassemble tous ces intérêts en apparence divergents. « Mais ce que la finance carbone attend vraiment, c'est le lancement du marché américain », souffle un spécialiste. Car les forces en présence restent minimes par rapport à la croissance potentielle. Évalué entre 120 et 150 milliards pour 2009, le marché du carbone devrait atteindre 2 millions de milliards d'ici à 2020. Après l'Europe et la Nouvelle-Zélande, le lancement en 2011 d'un marché du carbone en Corée du Sud, en Australie, au Japon et sans doute aux États-Unis devrait marquer un tournant dans le développement du marché. En attendant, les banques se font les griffes sur les petits marchés américains. Reggie, le marché du CO2 qui regroupe une dizaine d'États autour de New York, ne cesse de recruter de nouveaux membres dans le secteur bancaire.Les Occidentaux n'ont toutefois pas le monopole du CO2. La Chine a très vite compris la manne que représentaient ces nouveaux marchés. Malgré l'absence de contrainte, pas moins de trois plates-formes d'échange du CO2 coexistent actuellement dans le pays. Les échanges restent rares, à l'exception de quelques industriels qui se refont une santé environnementale à bon compte, comme cette société d'assurance automobile venue effacer son empreinte carbone. Les places de marché se positionnent surtout pour un éventuel marché domestique.La Chine a très vite compris la manne que représentaient ces nouveaux marchés.

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