La météo sape les ventes de Noël

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Tout partait pourtant bien. Le calendrier de Noël 2010 était parfait. Cette année, le 25 décembre tombe un samedi. La date est jugée idéale par tous les commerçants pour vendre jusqu'à quelques heures du réveillon. Et jusque-là, les clients étaient au rendez-vous notamment dans les magasins de sport pour s'équiper de doudounes et de bottes de neige. Mais les épisodes neigeux successifs, qui ont balayé le pays d'est en ouest, ont fait dérailler la mécanique des ventes de Noël.« Dans le Nord du pays, tout s'est arrêté le 15 décembre », juge le directeur général d'une enseigne. Le pire s'est déroulé le week-end dernier, les 18 et 19 décembre. Beaucoup de Français ont renoncé à se rendre dans un centre commercial. « Le dernier week-end avant Noël 2010, le plus important des week-ends de l'année pour les commerçants, n'a pas été excellent », convient le délégué national du Conseil national des centres commerciaux, Jean-Michel Silberstein. « L'impact est assez négatif, parce que les clients ne viennent pas jusqu'à nous », a précisé à l'AFP le président du Conseil du commerce de France, Gérard Atlan.Quelques fermeturesCertains magasins ont même dû fermer. Au début du mois de décembre, Auchan a été obligé de tirer le rideau de huit de ses hypermarchés à cause des intempéries. La situation a été des plus critiques en Île-de-France où se concentrent 30 % des centres commerciaux. « L'impact est colossal sur des journées comme celles-là. Il pèsera sur le mois de décembre », a déploré le patron d'Auchan en France, Arnaud Mulliez, lors d'une interview accordée à l'agence Reuters. Chez Go Sport, la plupart des magasins affichaient un recul d'activité de 20 % le week-end dernier. « Il y a dix jours, nous étions encore sur des + 20 % à + 30 % », rapporte-t-on chez l'enseigne du groupe Rallye. Et les ventes de jouets ont reculé de 9 % sur la première semaine de décembre avant de renouer avec « + 2 % à + 3 % » au cours de la deuxième semaine, selon les estimations du panel de NPD.Pagaille dans les livraisonsY aura-t-il un phénomène de rattrapage d'ici au 24 décembre ? La Fnac l'espère. D'autant qu'elle organise jeudi une nocturne jusqu'à 22 heures dans tous ses magasins en France. Jean-Michel Silberstein du Conseil national des centres commerciaux parie aussi sur un regain d'activité cette semaine. « Mais un chiffre d'affaires perdu ne se rattrape jamais totalement », prévient-il. D'autant que la neige a semé une belle pagaille dans l'approvisionnement des magasins. Les interdictions préfectorales imposées aux camions ont compliqué les livraisons des magasins. « Au risque de créer des ruptures », avance Jean-Michel Silberstein. « Nous avons réussi à assurer 90 % de nos livraisons », nuance le PDG de Delpeyrat, Thierry Blandinières. Au cas par cas, le producteur de foies gras a notamment eu recours aux taxis-colis de STEF-TFE pour livrer les magasins à temps !L'e-commerce en profitera-t-il ? Ce n'est pas sûr. « La fréquentation du site Toys R Us a baissé de 15 % le week-end dernier », indique Franck Poisson, responsable du site du groupe américain lancé en septembre dernier. Depuis lundi, beaucoup d'internautes hésitent à acheter en ligne, de peur de ne pas être livrés le 24. « Mais nous sommes en mesure d'acheminer à temps ! » assure le directeur régional d'Île-de-France de TNT, Jean-Michel Lecaille. Le spécialiste du courrier express a mis en place un dispositif hors normes cette année, pour assurer 1.300 tournées par jour. « Si la météo l'exige, dans les dix plus grandes villes de France, nous envisageons même de monter des équipes pour livrer samedi matin, jour de Noël », indique Jean-Michel Lecaille. Le branle-bas de combat pour sauver les ventes de Noël est donc général.

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