L'Afrique du Sud veut accélérer l'intégration des Noirs dans les entreprises

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Après trois ans de dur labeur, nous y sommes arrivés ! Nous sommes fiers d'avoir ouvert le premier magasin Harley Davidson qui n'appartient qu'à des Noirs. Mais c'est une aventure entre amis, pas vraiment un calcul pour respecter une politique de quotas », raconte Aubrey Mkhabela, à la tête d'une nouvelle boutique de belles cylindrées à Johannesburg. Pour encourager les Noirs à augmenter leur pouvoir économique, le gouvernement sud-africain a mis en place depuis 2007 un système de notation des entreprises. La « scorecard », une fiche de points avec sept critères sert à évaluer les sociétés. Il s'agit de connaître le pourcentage d'actionnaires, de directeurs, de cadres et de fournisseurs noirs, mais aussi la formation ou les projets sociaux en faveur des Noirs, ce qui bouleverse la gestion d'entreprises cotées comme Telkom, la compagnie nationale de télécoms.« L'évaluation n'est obligatoire que pour les entreprises qui travaillent pour le secteur public, soit près de la moitié des sociétés côtées en bourse. Mais celles-ci souhaitent que leurs fournisseurs aient aussi une scorecard. Sinon, elles n'ont presque aucune chance d'obtenir d'importants appels offre », explique Janice Dudley-Owen, consultante en Black Economic Empowerment (BEE). La semaine dernière, le gouvernement sud-africain a proposé une réforme visant à renforcer l'application du BEE : en cas d'adoption, les sociétés qui ne respectront pas les quotas devront s'acquiter d'une amende représentant 2 % de leurs revenus annuels et 10 % pour les récidivistes. Jeux de rôlesL'an dernier, des sociétés de vérification BEE, agrées par l'État, sont apparues. « Il s'agit notamment de vérifier que les entreprises ne pratiquent pas le ?fronting? : parfois de simples jardiniers ou des employées de maison noirs jouent le rôle de directeurs sur le papier », assure Corrie Vermeer, administrateur d'Emex, une société de contrôle BEE. La presse sud-africaine avait notamment révélé qu'un modeste garde de sécurité, Gladwin Khangale, était le prétendu directeur de Global Event Management, gérant de l'immense stade de Johannesburg, Soccer City.Depuis 1994, après la chute du régime d'apartheid, l'une des stratégies employée par les grands groupes financiers ou miniers a aussi été de céder une partie de leur capital à des personnalités noires de premier plan (Cyril Ramaphosa, Patrica Motsepe...). Grâce à la « scorecard », désormais ce n'est pas qu'une petite élite qui s'enrichit. Le BEE s'applique également aux PME. « Mais le coût est élevé », explique Janice Dudley-Owen. Et puis, il y a aussi un problème de qualification de la population noire. Ce n'est pas évident de trouver des cadres et du personnel bien formé. » Actuellement, les Noirs ne possèdent que 8 % du capital des sociétés cotées à Johannesburg. Les organisations professionnelles noires jugent les progrès trop lents. Des quotas ont été fixés dans certains secteurs pour accélérer le transfert de capital : d'ici à 2012, les entreprises minières comme First Uranium et Eastern Platinium devront céder 26 % de leur capital à des actionnaires noirs. De plus, en février, la Bourse de Johannesburg lancera un indice BEE classant les entreprises qui affichent les meilleurs scores, afin d'inciter les Noirs à investir dans ces sociétés.

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