« Il faut cinq véritables clusters internationaux »

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Il est d'ores et déjà acquis qu'il y aura une part de délabellisation et une part de mutualisation.Vous avez ?uvré pour que l'industrie soit mieux représentée. Les priorités de l'emprunt national vous satisfont-elles ?Il est normal que je me sois engagé pour cela. Tout converge vers l'industrie. Il n'y a pas d'économie verte, de pôles d'excellences, d'autonomie des universités sans grands partenariats avec les entreprises. Il n'y a pas de recherche publique sans brevets et sans applications. Les biotechnologies, la croissance verte, les écotechnologies, le numérique, tous ces sujets touchent à l'industrie. En ce sens, le rapport de la commission du grand emprunt, qui comptait peu d'industriels, pouvait être considéré comme un peu trop « universitaire ». Tout en reprenant l'essentiel du rapport, le président de la République en a repositionné les priorités. Au final, sur les 35 milliards d'euros de l'emprunt national, 18 milliards vont profiter à l'industrie. Les états généraux de l'industrie que j'ai lancés en octobre à la demande du chef de l'État vont aider à ce positionnement stratégique.2,5 milliards sont affectés aux PME. Qu'envisagez-vous ? Est-il prévu un dispositif pour pallier les défauts du crédit d'impôt recherche, accusé de ne pas aller assez à l'innovation et aux PME ?Le crédit d'impôt recherche est critiqué mais il est créateur d'emplois ! Cela dit, il est inadmissible de voir nombre de brevets dormir dans les tiroirs. Je vais donc lancer une étude comparative sur ce qu'apporterait un crédit impôt innovation, sans coût supplémentaire pour l'État, qui permettrait de favoriser l'ensemble de la chaîne, de la recherche amont jusqu'au prototypage. Il s'agit de trouver le montage qui permettrait un encadrement efficace et un bon usage du dispositif. Ce qui m'intéresse est d'aider les PME innovantes.500 millions d'euros iront aux pôles de compétitivité. À quelles fins vont-ils être utilisés ? Certains pôles vont-ils être délabellisés sachant que vous les avez invités à se regrouper par thématique ?Les 500 millions d'euros de l'emprunt national vont servir à financer des projets structurants à même de galvaniser la collaboration au sein des pôles et entre eux. Sur les labellisations et délabellisations, les arbitrages ne seront rendus qu'au premier semestre 2010. Mais pour les 13 pôles en sursis, il est d'ores et déjà acquis qu'il y aura une part de délabellisation et une part de mutualisation. Nous allons également labelliser quelques nouveaux pôles d'écotechnologies, pour lesquels nous avons reçu de très bons dossiers. De plus, mon objectif est que certains pôles existants se regroupent en « interpôles » qui s'inscrivent dans des écosystèmes de filières industrielles. Il me paraît essentiel enfin que cinq de nos pôles dits mondiaux, incluant les segments les plus stratégiques (santé et biotechnologies, éco-industries, aéronautique et aérospatiale, micro et nanotechnologies, etc.), puissent à terme se transformer en véritables clusters internationaux.Valérie Pécresse veut rapprocher pôles de compétitivité et pôles de recherche et d'enseignement supérieur. Comment allez-vous articuler ces futurs clusters internationaux avec les campus d'excellence financés par l'emprunt national ?C'est justement autour de ces grands clusters que nous allons nous retrouver puisqu'ils vont nécessiter une coordination entre pôles de compétitivité et universités. Idem pour les futurs instituts de recherche technologique auxquels l'emprunt national va allouer 2 milliards d'euros. L'idée est de rapprocher la recherche publique de l'industrie autour de grands clusters sur le modèle de l'allemand TIGerM à Munich. Le milliard d'euros supplémentaire octroyé au plateau de Saclay participe de la même logique, tout comme celui affecté au fonds national de valorisation de la recherche. Propos recueillis par Odile Esposito, Pierre-Angel Gay et Clarisse JayChristian Estrosi, ministre de l'Industrie

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