A400M  : EADS échappe à une recapitalisation

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cite>EADS a échappé au pire. Avec l'accord en voie de finalisation sur le partage des surcoûts de l'avion de transport militaire A400M, le groupe voit s'éloigner le spectre d'une recapitalisation, un passage obligé s'il avait dû prendre la totalité de l'ardoise à son compte, explique-t-on à « La Tribune ». Les États clients (Allemagne, Belgique, Espagne, France, Grande-Bretagne, Luxembourg, Turquie) ont formalisé leur aide en prenant partiellement en charge ces surcoûts, à hauteur de 3,5 milliards d'euros sur les 7,6 milliards identifiés. Ce qui évite au groupe une opération délicate, sachant que les deux actionnaires privés de référence, Lagardèrerave;re et Daimler, sont beaucoup plus près de la sortie que de remettre de l'argent dans un groupe qui n'entre pas dans le coeur de leurs activités. Ces 3,5 milliards ne sont pas, comme l'a prétendu le PDG d'Airbus, Tom Enders, « un minimum ». Le groupe visait plutôt une aide des États de 3 milliards d'euros.spécifications abandonnéesEADS, qui a déjà provisionné 2,4 milliards, va devoir donc assumer 1,7 milliard de plus ; un montant qui pourrait d'ailleurs être réduit sur la base d'économies sur le programme, note-t-on de source gouvernementale. Dans la réponse faite aux États, EADS demande d'ailleurs l'abandon de certaines spécifications de l'A400M, voire des simplifications. Et ce, alors que des négociations entre les deux parties avaient figé les caractéristiques de l'avion. Le groupe cherche à réduire la provision dans ses comptes 2009. Mais aussi certains risques techniques à venir déjà identifiés et potentiellement générateurs de nouveaux surcoûts (de l'ordre de 3 milliards au maximum).EADS veut également définir les modalités de l'aide de 1,5 milliard apportée par la France, l'Allemagne et l'Espagne. Les États ont préconisé des avances remboursables, mais le groupe n'en veut pas, car il serait obligé de les provisionner. Du coup, il propose une parade à la France et recommande d'utiliser l'article 90, une procédure de soutien financier instaurée par la loi de finances rectificative pour 1963. Elle vise à favoriser l'exportation de certains matériels d'armement en réduisant le risque supporté par les industriels au cours de l'industrialisation. Il s'agit d'un financement public, partiel et remboursable au fur et à mesure des ventes. Safran y a eu déjà recours pour le moteur de l'A400M. L'Espagne et l'Allemagne ont des dispositifs législatifs similaires. Enfin, le groupe, qui a obtenu l'assurance des pays clients de réviser la clause d'escalation (prix indexés sur le PIB), veut en négocier les modifications plus vite que prévu. EADS souhaite un dispositif permettant de faire évoluer les prix de l'A400M en fonction de critères tels que l'inflation, les cours des matières premières... Les ministres européens de la Défense se réunissent les 24 et 25 février à Palma de Majorque. En marge, il est prévu le 25 une réunion entre les ministres des États clients de l'A400M ainsi que celui de la Turquie, tout heureux de venir à un sommet européen. Pour un dénouement ? Michel CabirolLes États clients prendraient en charge les surcoûts, à hauteur de 3,5 milliards d'euros sur les 7,6 milliards identifiés.

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