bpifrance export peut-elle sauver le commerce extérieur ?

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C\'est l\'union sacrée ! Pour sauver la balance commerciale française, deux ministres et les dirigeants de bpifrance, d\'Ubifrance, la Coface et des régions de France ont officialisé ce mercredi le lancement de bpifrance export, la structure qui réunit sous un même label les organismes publics chargés d\'accompagner les entreprises à l\'export.L\'export, une martingale pour l\'économie française« Il faut que les entreprises en aient bien conscience : l\'international est une chance pour la France », a déclaré Pierre Moscovici, le ministre de l\'Economie en rappelant qu\'un emploi sur six dépendait déjà de l\'export et qu\'un milliard de ventes réalisées à l\'international permettait la création de 10.000 emplois.L\'enjeu est de taille. Le gouvernement s\'est engagé à équilibrer la balance commerciale des produits manufacturés d\'ici 2017. En 2012, celle-ci a affiché un déficit de 38 milliards d\'euros, à comparer à un déficit global de 67,2 milliards. De son côté, l\'Allemagne a enregistré un excédent commercial de 188,1 milliards d\'euros.Une quinzaine de mesures pour simplifier et fluidifier le soutien public à l\'exportLe nouveau label bpifrance export s\'articule avec le déploiement d\'une quinzaine de mesures articulées autour de trois axes : la simplification de l\'offre publique en matière d\'accompagnement, l\'amélioration des produits à la disposition des entreprises et le renforcement de la distribution autour du label bpifrance export. Al cible ? Les PME et les ETI. « Les PME et ETI représentent 57% de nos exportations. Il faut aussi leur donner les moyens de pérenniser leur présence car chaque année 30.000 entreprises démarrent à l\'export et presque autant s\'arrêtent », déplore Nicole Bricq. Bien qu\'elles représentent un tiers des 115.000 exportateurs, les entreprises artisanales, considérées comme des entreprises classiques, ne bénéficient pas d\'un soutien dédiéSur le premier point, citons notamment la dématérialisation prochaine des procédures de soutien et la suppression des doublons entre Coface et Oseo avec la création de produits et d\'outils uniques, la standardisation de la documentation. Est-ce une façon polie de tenter de mettre fin aux tensions - aux querelles ? - qui existaient entre les différents acteurs, affectant ainsi l\'efficacité de l\'action publique. Le discours de Nicole Bricq a eu le mérite de la franchise lorsque la ministre du Commerce extérieur a demandé à ce que tous les membres de bpifrance export soient aussi bons individuellement que collectivement.Nicole Bricq la pacificatriceLa ministre ne compte pas en rester là. Fin juin, elle présentera ses propositions issues des chantiers de la modernisation de l\'action publique. Certaines d\'entres elles auront pour objectif de renforcer, voire de pacifier, les relations « qui peuvent aller jusqu\'au conflit » entre les très nombreuses structures d\'accompagnement à l\'export présentes à l\'étranger, parmi lesquelles Ubifrance, les conseillers du commerce extérieur, les chambres de commerce et d\'industrie...Sur le deuxième point, le gouvernement a notamment décidé de faciliter l\'accès aux crédits fournisseurs pour les PME et les ETI mais aussi l\'utilisation des cautions et des préfinancements exports garantis par la Coface. Une amélioration de la couverture du risque de change est également ordonnée.Enfin, pour renforcer la distribution autour du label bpifrance export, le gouvernement a par exemple décidé de créer un catalogue commun des produits et des services existants. Le déploiement de chargés d\'affaires d\'Ubifrance et de développeurs Coface dans les directions régionales de la bpi sont également prévus, entre autres mesures.En résumé, il s\'agit de faire fonctionner le couple accompagnement et financement qui travaillaient séparément jusqu\'ici afin que toutes les étapes d\'un projet export - prospection, financement, sécurisation du contrat et investissement à l\'étranger - puisse recevoir le soutien public nécessaire et adapté.La galaxie bpi prend progressivement formeAvec le lancement de bpifrance export, la galaxie bpi s\'installe progressivement dans l\'univers des chefs d\'entreprises, toutes les structures d\'accompagnement des entreprises fusionnant sous une bannière commune. Existent déjà bpifrance investissement, créée à partir du Fonds stratégique d\'investissement (FSI) et de FSI Régions, bpifrance financement construite autour d\'Oseo - deux filiales à 100% de la holding bpi -, ainsi que bpifrance innovation qui, comme bpifrance export n\'est qu\'un simple label et non une structure à part entière.Reste une question : en créant bpifrance export, le gouvernement simplifie-t-il l\'accompagnement public à l\'export sachant que la Coface, Ubifrance et l\'ensemble des membres de l\'équipe de France de l\'export conservent leur identité ? Pas sûr.

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