45.000 emplois en sursis dans les entreprises de travaux publics

Le revirement brutal qui a conduit l'État à mettre un coup d'arrêt au plan de relance au profit d'un tour de vis budgétaire suscite l'inquiétude des entreprises de travaux publics. Leur activité, en effet, est liée pour 2 milliards d'euros à l'État et pour 17 milliards aux collectivités locales. « Le plan d'économies budgétaires de 45 milliards d'euros et, avec lui, le gel des dotations aux collectivités locales risquent de se traduire par un ajustement des dépenses d'investissement », prévient Patrick Bernasconi, président de la Fédération nationale des travaux publics (FNTP), qui regroupe 8.300 entreprises. IncertitudesL'État veut réduire de 10 % ses dépenses d'intervention qui concernent notamment RFF, EDF ou les transports en commun. Et l'étude des budgets de 79 départements pour 2010 laisse déjà apparaître une chute de 12 % des investissements dans les « TP » et de 7 % des dépenses d'entretien. Par ailleurs, des incertitudes pèsent sur les grands chantiers qui représentent 5 % à 10 % de l'activité de la filière. Le tram-train de la Réunion, qui devait créer 2.000 emplois, a été abandonné. La construction de 1.500 km de tramways et de bus dans le cadre du Grenelle 2 risque de souffrir des restrictions budgétaires. Le financement de la construction et de la rénovation des stades de football pour l'Euro 2016, qui pourrait générer 3.400 emplois sur quatre ans, n'est pas bouclé. Le début des travaux de la nouvelle ligne TGV Tours-Bordeaux, qui devrait en induire plus de 3.000 par an, démarrera au mieux fin 2011. Au-delà, pour réaliser les grands projets (Canal Seine-Nord, 4 lignes TGV, contrats de projet État-régions, tramways), « il manque 8 milliards d'euros sur les 15 nécessaires », calcule Patrick Bernasconi, qui appelle les pouvoirs publics à avoir un discours de transparence afin que les entreprises soient « en capacité de faire des choix ».Dans ce contexte, la FNTP table sur une baisse de 3 % du chiffre d'affaires du secteur en 2010, à 36,8 milliards d'euros (? 15 % sur trois ans). Considérant que les entreprises ne peuvent continuer à casser leurs prix sauf à se mettre en danger, Patrick Bernasconi juge inévitables les ajustements d'effectifs et chiffre à 45.000 les postes menacés sur les 300.000 de la profession. En 2009, 360 entreprises et 10.500 emplois (dont 4.500 intérimaires) ont disparu dans le secteur.

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