Le nouvel engagement vert de Pékin

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climatPour son premier discours hier à l'ONU consacré au climat, le président chinois, Hu Jintao, n'a que partiellement satisfait les attentes des 180 chefs d'État et de gouvernement qui participaient au sommet réuni à l'initiative de l'organisation. « Nous allons notablement réduire nos émissions de dioxyde de carbone (CO2) par point de croissance économique d'ici à 2020, comparativement à leur niveau de 2005 », a proclamé le numéro un chinois, visiblement décidé à ne pas endosser la responsabilité d'un éventuel échec de la conférence de Copenhague en décembre prochain. Hu Jintao s'est par ailleurs engagé à « accroître la part des énergies non fossiles dans la consommation de [son] pays à environ 15 % d'ici 2020 » et à augmenter la couverture forestière de la Chine de 40 millions d'hectares d'ici 2020 comparativement à 2005.Ces promesses, qui ont été saluées par l'ancien vice-président américain Al Gore ou, côté français, par Nicolas Sarkozy, ont toutefois laissé sur leur faim tous ceux qui espéraient que Pékin s'engage sur des objectifs chiffrés de réduction de ses émissions. Todd Stern, l'envoyé spécial américain pour le changement climatique, n'a pas caché sa déception. « Je pense que ce dont parle le président Hu, c'est de passer d'une mesure calculée en intensité énergétique à une mesure en intensité carbonique, cela peut être bien, mais tout dépend du chiffre », a-t-il réagi.Il n'a toutefois pas commenté le discours de son propre patron, Barack Obama, qui s'est contenté de souligner que son pays avait fait plus en huit mois que dans toute son histoire, notamment grâce aux milliards de dollars investis dans les énergies renouvelables, ou aux nouvelles normes automobiles en matière d'émission de CO2. Un projet de loi fixant à 17 % la réduction des émissions dans l'industrie d'ici 2020, et à 83 % à l'horizon 2050, a été adopté de justesse, cette année, à la Chambre des représentants. Mais le Sénat, qui doit se pencher sur le sujet, risque fort de retarder son adoption définitive, la réforme du système de santé accaparant l'essentiel du travail législatif. Quant à la question de l'aide aux pays pauvres pour lutter contre le réchauffement climatique, l'administration Obama ne pourra agir qu'avec l'aval du Congrès.une seule organisation S'exprimant à son tour, Nicolas Sarkozy a milité pour la tenue d'un sommet des principaux pays pollueurs en novembre et pour la création d'une seule organisation mondiale de l'environnement. Mais il s'est surtout inquiété de l'état des négociations sur le climat : « Si nous continuons ainsi, nous sommes sur la voie de l'échec », a-t-il averti. Faute d'annonces plus précises, les experts espéraient que la rencontre, prévue hier soir entre Barack Obama et Hu Jintao, permette de sortir ces négociations de l'impasse.

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