Areva T&D : l'État demande des efforts à Alstom et Toshiba

 |   |  509  mots
Un peu plus de deux semaines avant l'expiration, le 9 décembre, des trois offres reçues par Areva pour la cession, exigée par l'Élysée, de sa branche haute et moyenne tension, Bercy pointe deux points faibles dans les modalités de financement prévues par deux des candidats, Alstom-Schneider et Toshiba. Selon nos informations, la Commission des participations et des transferts, qui contrôle l'évaluation des actifs transférés au secteur privé et les modalités de cession, a demandé au tandem français de renoncer à une clause de garantie de passif qui conditionne le paiement de 400 millions d'euros (sur les 4 milliards proposés) aux performances opérationnelles des activités d'Areva T&D au premier semestre 2010 (« La Tribune »  du 14 novembre). Par ailleurs, cette commission, qui dépend de l'Agence des participations de l'État (APE), juge insuffisante la structure financière de la société de rachat prévue par Toshiba. Elle souhaiterait que l'industriel japonais dote de davantage de fonds propres cette société, afin de ne pas dégrader la notation financière des activités d'Areva T&D. Toshiba envisage de financer par emprunt la majeure partie de cet achat. L'industriel japonais, qui laisse entendre qu'il propose davantage que les 4,2 milliards d'euros évoqués précédemment, est associé au fonds semi-public nippon INCJ, qui pourrait financer jusqu'à 30 % de son offre. Toshiba compte faire entrer d'autres investisseurs à hauteur de 30 %. Il discute avec Taqa, le fonds souverain d'Abu Dhabi, mais n'exclut pas des investisseurs français. Dans une deuxième étape, Toshiba, maison mère de Westinghouse, monterait à 60 % en apportant ses propres actifs d'équipements électriques haute et moyenne tension. Enfin, d'ici cinq à sept ans, Toshiba introduirait en Bourse le nouvel ensemble. vente aux enchères Le projet de General Electric, associé au fonds CVC, ressemble à celui de Toshiba avec une mise en Bourse envisagée à plus court terme. « Le gouvernement français se trouve face à un bouquet d'offres indigestes. Il va devoir choisir le moindre mal », estime Alex Barnett, analyste chez Jefferies. L'Élysée, prônant la création de champions industriels français, est en effet embarrassé par l'offre d'Alstom-Schneider, non seulement la plus contestée socialement, mais aussi la moins-disante financièrement. « Le gouvernement a organisé une vente aux enchères. Dans ce cadre, il faut une bonne raison pour ne pas vendre au plus offrant », commente Per Lekander, analyste chez UBS. Or, Patrick Kron, PDG d'Alstom, a toujours affiché sa volonté de ne pas surpayer cette activité qu'il avait lui-même cédée à Areva en 2004 pour 950 millions d'euros. Faute de relever son prix, il joue sur le patriotisme économique. « Comme l'a dit Tricoire [Jean-Pascal Tricoire, le président du directoire de Schneider Ndlr], on en a marre de s'excuser d'être français. Si la seule équipe de France qu'on soutient est l'équipe de foot, il faut le dire », a-t-il déclaré vendredi au salon Actionaria. nÉquipements électriquesFaute de relever son prix, Patrick Kron, PDG d'Alstom, joue sur le patriotisme économique.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :