Un espagnol bientôt au capital du Monde Imprimerie

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PRESSEÀ l'instar du « Figaro » qui s'est associé avec l'italien Seregni pour construire son imprimerie à Tremblay-en-France, « Le Monde » serait sur le point d'accueillir un partenaire industriel pour son imprimerie d'Ivry-sur-Seine. De nationalité espagnole, cet imprimeur entrerait au capital du Monde Imprimerie mais reste à savoir à quelle hauteur. L'arrivée de ce partenaire industriel permettrait de financer la modernisation nécessaire de l'imprimerie et un plan de départs (on parle d'un tiers des 280 salariés). Les détails de cet accord, encore en négociation, pourraient être dévoilés lors du conseil de surveillance du Monde, le 18 décembre. Aucun nom ne circule pour ce futur partenaire du « Monde », mais on pense tout de suite à Pressprint SL. Il s'agit de la filiale imprimerie que le groupe de presse espagnol Prisa a constituée au printemps dans le but « d'avoir accès à de nouveaux clients ». Les deux groupes se connaissent bien, Prisa, éditeur d'« El Pais », contrôle 15 % du Monde SA.Au « Monde », la situation de l'imprimerie pourrait devenir très préoccupante. « Les Échos » songent à quitter l'imprimerie d'Ivry pour rejoindre celle du « Figaro ». Des négociations sont en cours, mais le contrat avec « Le Monde » court jusqu'en 2012 et les pénalités pour un départ anticipé seraient très élevées. De même, « Le Journal du dimanche », édité par Lagardèrerave;re (actionnaire à hauteur de 17,27 % du Monde SA), et « Direct Matin » (Bolloréeacute;? et Le Monde) tenteraient actuellement de renégocier tous deux leur contrat à la baisse. Du côté du Monde, l'idée est justement de pouvoir moderniser l'outil grâce à ce partenaire industriel afin de pouvoir faire des propositions plus compétitives aux « Échos » ou au « JDD ».« un archaïsme français »« L'imprimerie française est actuellement en surcapacité [?]. Des rapprochements sont inéluctables », écrit Jean-Clément Texier, expert médias et président de Ringier France dans un texte intitulé « La presse : merci la crise » et publié dans le dernier numéro de la revue « Le Nouveau Temps des médias ». Et de dénoncer « un archaïsme français » qui fait que produire un journal en France coûte un tiers plus cher qu'à l'étranger? « ?Le Monde?, quotidien du soir, doit-il continuer à moderniser son site d'Ivry alors que ?Le Figaro?, quotidien du matin, pourrait l'accueillir ? » Toujours selon l'expert médias, les éditions Amaury (« Le Parisien », « L'Équipe ») disposent d'un réseau sous-utilisé, tout comme le leader de la presse régionale, le breton « Ouest-France ».Touché comme toute la presse française par une crise du marché publicitaire sans précédent conjuguée à une baisse de ses ventes (294.324 exemplaires selon le dernier OJD, en baisse de 2 %), « Le Monde » pourrait voir ses pertes atteindre cette année entre 11 et 15 millions d'euros. Le groupe prépare d'ores et déjà sa recapitalisation qui doit être bouclée au plus tard en mars 2011. La Société des Rédacteurs du Monde (SRM), qui a aujourd'hui un droit de veto au conseil de surveillance, compte arrêter en janvier prochain le schéma juridique qu'elle proposera pour garantir l'indépendance du journal. Sandrine Bajos

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