La dette américaine profite de l'effet refuge

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TAUXLes émissions de dette américaine à long terme reprennent cette semaine et devraient rencontrer une forte demande, alors que les craintes sur la conjoncture restent aiguës. Le Trésor place aujourd'hui 44 milliards de dollars de titres à deux ans, puis 42 milliards d'obligations à cinq ans et, mardi et mercredi, 32 milliards d'obligations à sept ans.Ces opérations records, pour les échéances à cinq ans et sept ans, interviennent dans un contexte favorable à la dette américaine, refuge en temps de crise. Malgré les émissions considérables réalisées depuis le début de l'année, la demande est toujours là. Selon les derniers chiffres de la Fed, les banques centrales étrangères ont accru de 12.5 milliards de dollars leurs stocks de bons du Trésor lors de la semaine close le 13 novembre, à près de 2.200 milliards de dollars, soit plus du quart de la dette obligataire américaine émise sur le marché.stratégies de portageSurtout, les signaux de fragilité de la reprise, illustrés par un marché de l'emploi toujours morose, trouvent écho auprès des intervenants. Évoluant en sens inverse des prix, le rendement des titres à dix ans, qui évolue depuis fin août sous les 3,55 %, a abandonné 16 points de base depuis le 5 novembre, à 3,36 % en fin d'après-midi vendredi. Comme au plus fort de la crise, le rendement de certains titres à trois mois, particulièrement sûrs et liquides, est même passé en territoire négatif jeudi dernier.Face à ces craintes, la Fed a réitéré son intention de maintenir ses taux directeurs proches de zéro pour une période prolongée. Ce qui alimente les stratégies de portage des banques, qui refinancent à bon compte leurs achats de bons du Trésor auprès de la Fed et soutiennent les prix. « Dans les années 1990, les banques américaines ont augmenté leur détention de titres d'Éta de 10 % à 20 %. Aujourd'hui, ce pourcentage est autour de 12 %, et une augmentation vers les 20 % représenterait environ 1.000 milliards de dollars », explique Teddy Dewitte, directeur produits de taux chez Nomura France. Julien Beauvieux

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