« L'urgence est de réduire le déficit de l'État britannique »

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Richard Lambert, directeur général du CBI Comment jugez-vous l'état de l'économie britannique ?Il y a un an, nous faisions face à un effondrement de l'économie, la demande dans la plupart des secteurs avait baissé de 30 % et le système financier était en état de choc. Si on nous avait dit à l'époque que l'économie commencerait à se redresser dès l'automne 2009, nous aurions tout de suite signé.Quelle est aujourd'hui la priorité économique britannique ?L'urgence est de réduire le déficit de l'État [qui sera de plus de 12 % du PIB cette année, Ndlr]. Le prochain gouvernement, quel qu'il soit, aura des décisions très difficiles à prendre. Il doit placer la Grande-Bretagne sur un chemin crédible pour rééquilibrer les finances publiques.N'y a-t-il pas un risque de réduire les dépenses publiques trop tôt, au risque d'étouffer la reprise ?C'est un risque. Mais nous pensons que le risque de réduire le déficit trop tard est encore plus important. En 2000, les dépenses de l'État britannique étaient d'environ 12 points de PIB en dessous de celles de la France. Aujourd'hui, elles sont de 3 points inférieures seulement, alors que nous avons une base fiscale beaucoup plus étroite que la France.Une hausse des impôts n'est-elle pas inévitable, plutôt que de porter les dépenses publiques à la baisse ?L'accent doit être mis sur la baisse des dépenses. De plus, une telle baisse ne signifie pas nécessairement une croissance faible. Après 1992 (date de la dernière récession), nous avons eu trois ou quatre années de dépenses publiques très faibles. Mais dans le même temps, les taux d'intérêt étaient faibles, la baisse de la livre sterling a aidé le commerce à progresser, et la croissance était forte. Le même scénario peut se reproduire.La priorité des conservateurs, s'ils gagnent les élections au printemps, est de réduire les déficits. Cela signifie-t-il que vous les soutenez ?Nous sommes apolitiques. Mais nous aimons cet aspect de leur politique, ainsi que leurs propositions de réformes des aides sociales. En revanche, nous sommes inquiets de leur prise de distance vis-à-vis de l'Europe. Propos recueillis par Éric Albert, à Londres

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