Quand la Bourse repeint le Père Noël en vert

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Le monde est-il guéri de la plus grave crise financière qu'il ait traversée depuis 1929 ? A-t-il tourné la page de la faillite de Lehman Brothers, le 15 septembre 2008, qui a ébranlé le système bancaire international, gelé les échanges commerciaux, plongé dans la récession les deux rives de l'Atlantique ? Les marchés boursiers de la planète entière répondent oui. Et de belle façon ! Wall Street, à la source du mal, a retrouvé ses niveaux d'avant-crise, qu'il s'agisse du Dow Jones, de l'indice Standard and Poor's 500 ou du Nasdaq qui, à près de 2.700 points, a même renoué avec son score de l'insouciant mois de décembre 2007. Le constat est le même en Europe, où le rally boursier de fin d'année fait oublier aux cambistes les deux crises de la dette souveraine, Grèce au printemps, Irlande à l'automne. L'indice Stoxx 600 (mais pas le CAC 40) a rejoint désormais son niveau pré-Lehman. Quant aux marchés émergents, ils surfent sur la vague d'une croissance qui, de Shanghai à Rio de Janeiro, ne donne aucun signe d'essoufflement. L'indice MSCI Émergents a bondi de 31 % depuis la faillite de Lehman. Les prévisions 2 011 des meilleurs stratégistes actions sont à l'avenant, quelle que soit la région étudiée. Wall Street ? La reconduction des baisses d'impôts a redonné la pêche à tous les financiers de New York, plus « bullish » que jamais. La vieille Europe ? Ses marchés y sont tellement sous-valorisés qu'ils ne peuvent que rebondir. Quant aux marchés des pays émergents, ils devraient continuer à être tirés par une croissance économique que le FMI prévoit de 6,4 % en 2011, trois fois celle des pays développés. Bref, les Boursiers ne voient rien qui pourrait remettre en cause ce Noël d'euphorie. La réalité devrait pourtant inciter à la prudence. Outre-Atlantique comme sur le Vieux Continent, la crise est loin d'avoir dit son dernier mot. Un chômage inhabituellement élevé là-bas, une crise de l'euro ici qui menace désormais de s'étendre à la Belgique. Après les Pigs (Portugal, Irlande, Grèce et Espagne), Bruxelles vient d'être désigné par l'agence de notation Standard and Poor's comme le prochain maillon faible de la monnaie unique. La hotte du Père Noël n'a pas fini d'être secouée. pagay@latribune.frPar Pierre-Angel Gay Directeur adjoint de la rédaction

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