L'économie irlandaise retombe dans la crise

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Chahutée depuis quelques semaines sur les marchés obligataires, l'Irlande a subi un nouveau coup dur économique ce jeudi : le PIB a reculé de 1,2 % au deuxième trimestre par rapport au trimestre précédent, selon l'annonce du bureau des statistiques. L'ancien Tigre celtique renoue avec une dangereuse contraction économique après un premier trimestre où la croissance s'était pourtant établie à + 2,2 % , le taux de croissance initial de 2,7 % ayant été révisé en baisse.L'économie irlandaise, dont le PIB a reculé sur douze des quinze derniers trimestres, reste donc sérieusement malade. Si les exportations ont progressé, tous les autres moteurs de l'économie sont en baisse : la consommation des ménages est en repli de 1,7 %, mais surtout les investissements chutent de 20 % par rapport aux deuxième trimestre 2009, une période où la récession était pourtant très forte. L'Irlande a aussi été victime d'une énorme bulle immobilière et le secteur du BTP est en recul de plus de 50% par rapport à son pic.Premier pays à avoir introduit une politique de rigueur, l'exemple irlandais risque d'inquiéter dans le reste de la zone euro. Son déficit public, qui était de 14 % l'an dernier, doit être ramené à 11 % cette année, mais cela nécessite un retour de la croissance. Si celle-ci est étouffée, les comptes publics risquent de dévisser une nouvelle fois.Le problème est cependant compliqué par le coût du sauvetage d'Anglo-Irish Bank, une banque qui a fait faillite avec la crise. Cela perturbe les marchés : ce jeudi, l'écart entre les rendements obligataires irlandais et allemands a atteint son plus haut niveau en dix ans, à 4,25 %.Pourtant, Dublin ne compte pas relancer l'activité par la dépense publique. Le prochain budget, présenté début décembre, devrait une nouvelle fois confirmer la rigueur. Pour Brian Lenihan, le ministre des Finances, le seul espoir viendra de l'international : « nous devons sortir de nos difficultés grâce aux exportations, il n'y a pas d'autre solution ». Etant donné que l'Allemagne, le Royaume-Uni et la plupart des autres pays européens tiennent le même discours, une question demeure: exporter vers où ? Eric Albert, à Londre

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