Les banques pourraient fermer 10.000 agences en quatre ans

 |   |  457  mots
Les conséquences du renforcement de la régulation sur les banques européennes ont fait couler beaucoup d'encre depuis le début de l'année. Mais quid de leurs consoeurs américaines ? Un début de réponse a été esquissé en début de semaine par les équipes de recherche de Barclays, qui ont estimé qu'elles auraient besoin de 100 à 150 milliards de dollars supplémentaires pour répondre aux exigences de Bâle 3. Mardi, l'ancienne analyste vedette de Oppenheimer, Meredith Whitney, qui a créé sa propre firme, a présenté une note calculant l'impact de l'ensemble des évolutions auxquelles seront confrontés les établissements outre-Atlantique : Bâle 3, la loi Dodd-Frank et, enfin, la dégradation de l'environnement économique. Citée par Bloomberg, l'étude de Meredith Whitney anticipe plusieurs effets. L'analyste s'inquiète notamment de l'atrophie que subira l'industrie bancaire américaine dans les années à venir. En termes de revenus (« La Tribune » du 29 octobre), mais aussi de présence sur le marché des particuliers. « La plus regrettable conséquence de ces réformes de la régulation rédigées à la va-vite sera l'inévitable débancarisation du système financier américain », écrit l'analyste. « Le nombre de ménages sans accès bancaire va passer de 30 millions en 2009 à 41 millions en 2015. » En effet, à la suite de l'entrée en application de la nouvelle réglementation, certaines catégories de clientèle ne seront plus suffisamment rentables pour être acceptées par les banques. Le marché des cartes de crédit, par exemple, va devenir beaucoup moins attractif. En octobre, Bank of America a annoncé qu'elle prévoyait la perte de 1,8 à 2,3 milliards de revenus par an dans son activité « card services ». Au total, cette réduction de la voilure dans la banque de détail pourrait entraîner la fermeture de 10.000 agences d'ici à 2015 aux États-Unis, ajoute l'étude. Meredith Whitney s'attend également à un repli important des revenus dans les activités de marché des banques américaines. L'un des volets de la loi Dodd-Frank, baptisée « Volcker Rule », prévoit une limitation du trading pour compte propre et de l'investissement dans la gestion alternative (hedge funds et capital-investissement). Or ces activités représentent une part non négligeable des profits de certains établissements. Goldman Sachs, par exemple, a tiré plus de 25 % de ses bénéfices de sa division « capital-investissement » entre juillet et septembre. Au total, l'étude prévoit la suppression de 80.000 emplois dans les activités de marché aux États-Unis dans les 18 mois sous l'effet d'une contraction des revenus dans ces métiers. Au troisième trimestre, les grandes banques américaines, à l'exception de Bank of America, ont toutes enregistré un repli de leur produit net bancaire par rapport à l'an passé. Alexandre Madde

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :