Le sex-appeal des entreprises françaises est au plus bas depuis 17 ans

«Qui veut de mon entreprise française? Elle est belle, elle est pas chère!» Imaginez des actionnaires haranguant le chaland à la manière des vendeurs sur les marchés... Ils n'auraient pas tort: nombre de sociétés françaises sont de qualité et présentent une faible valorisation. Pour autant, elles n'attirent pas les foules. Les fusions et acquisitions ayant pour cible une entreprise française ont plongé de 64% en 2012, par rapport à 2011, à 29,3 milliards de dollars, selon Thomson Reuters. Il s'agit là de leur plus bas niveau depuis... 1995.De fait, moins d'un quart (22% exactement) des investisseurs américains jugent aujourd'hui que la France bénéficie d'une bonne image, selon une étude réalisée par la chambre de commerce américaine en France (Amcham) et le cabinet Bain & Company. Alors que, pas plus tard qu'en 2011, 56% des investisseurs américains se déclaraient attirés par la France... La crise de la zone euro et le nouveau gouvernement, avec ses projets de réformes fiscales, sont passés par là. Des projets qui ont également stoppé net l'élan d'actionnaires désireux de vendre leur entreprise, mais découragés par le possible alourdissement de la taxation des plus-values de cession.Une dégringolade de moitié du marché français des fusions et acquisitionsSi les cibles hexagonales ne séduisent plus ou hésitent à se vendre, la situation n'est guère plus brillante du côté des éventuels acquéreurs français, qui hésitent à se lancer dans des opérations de croissance externe, crise économique oblige. Résultat, les fusions et acquisitions impliquant au moins une entreprise française -qu'il s'agisse d'une proie ou d'un prédateur- ont chuté de moitié en 2012, à 84,9 milliards de dollars. Alors que le marché mondial des M&A (mergers and acquisitions) a limité la casse à une baisse de 4%, cette année. «Il y a bien eu de grosses opérations, comme le rachat de 30% du britannique International Power par GDF Suez ou la montée d'EDF dans le capital de l'italien Edison, mais il s'agit là du renforcement de groupes dans des filiales, donc de transactions conservatrices et non offensives», regrette le responsable des fusions et acquisitions en France d'une banque britannique.La Société générale reléguée hors du trio de têtePourtant, nul doute que ce banquier aurait aimé plancher sur le «deal» GDF Suez-International Power. D'un montant de 12,9 milliards de dollars, cette opération a été la plus importante du marché français des fusions et acquisitions, en 2012. Et de loin: la deuxième plus grosse transaction de l'année -la cession par Carrefour de ses activités en Colombie- s'est élevée à 2,6 milliards de dollars «seulement». Mandatées par GDF Suez pour épauler le groupe d'énergie dans le cadre du rachat des 30% qu'il ne détenait pas encore dans International Power, les banques Rothschild et Lazard sont ainsi respectivement passées de la quatrième à la deuxième place, et du rang de numéro six à celui de numéro trois, sur le marché français du conseil en fusions et acquisitions, d'après le classement élaboré par Thomson Reuters.Egalement sélectionnée par GDF Suez, BNP Paribas n'a eu, grâce à ce méga-deal, aucun mal à garder sa position de numéro un, avec un total de 30,4 milliards de dollars de transactions conseillées cette année, contre 26,2 milliards pour Rothschild et 25 milliards pour Lazard. En revanche, le fait de ne pas avoir été retenue par GDF Suez a limité à 18,3 milliards de dollars le montant des opérations sur lesquelles la Société générale a travaillé, reléguant la banque de La Défense hors du trio de tête, à la quatrième place. 

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