Gouvernance : ce que veulent les actionnaires individuels

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En attendant le projet de loi concocté sur la gouvernance au sein des entreprises, et notamment sur la façon de fixer la rémunération des dirigeants, l\'agence de communication Capitalcom vient de réaliser son 8e baromètre des attentes des actionnaires individuels du CAC 40 à l\'approche des assemblées générales 2013. A la lumière des indications données par ces investisseurs, il ressort quatre enseignements intéressants et surtout évolutifs par rapport aux précédents sondages. D\'abord, 81% des actionnaires interrogés se déclarent favorables au principe d\'un vote consultatif, en assemblée générale, sur la politique de rémunération des dirigeants, selon le modèle anglo-saxon du «say on pay». Ils n\'étaient que 42%, il y a six ans à promouvoir cette idée. La preuve, s\'il en était besoin que ce sujet est aujourd\'hui celui qui préoccupe le plus les actionnaires individuels, soucieux, manifestement d\'obtenir un rôle plus prépondérant dans le mode de fixation des émoluments des patrons. Non pas tant pour en limiter les montants mais plutôt pour éviter certaines dérives, surtout lorsque l\'entreprise connaît quelques difficultés financières. Détail révélateur, les personnes interrogées par Capitalcom semblent se satisfaire d\'un mode consultatif en assemblée, soit l\'idée avancée par l\'Afep et le Medef et qui a de bonne chance d\'être introduite telle quelle dans le projet de loi en préparation. Idée qui ne fait toutefois pas l\'unanimité puisque certains comme Proxinvest, la société de conseils de vote en assemblée, dirigée par Pierre-Henri Leroy milite plutôt pour que le vote des actionnaires en assemblée soit décisionnaire.Des salariés de l\'entreprise au sein des conseils d\'administrationDeuxième enseignement du sondage réalisé par Capitalcom: 62% des actionnaires interrogés jugent que la présence de salariés au conseil d\'administration des entreprises permettrait d\'en améliorer le fonctionnement, «plébiscitant ainsi ce qui devrait être le deuxième volet du projet de loi», assure Caroline de la Marnierre, présidente de Capitalcom.Troisième enseignement: 73% des sondés déclarent avoir confiance en l\'avenir de l\'actionnariat individuel en France. Et là, ce sentiment tranche pour le moins avec celui montré ces dernières années (l\'an passé, ils n\'étaient que 54% à le penser). Le récent redressement des indices boursiers est-il à l\'origine de ce revirement ? Sans doute. Peut-être les personnes interrogées sont-elles aussi des actionnaires fidèles de longue date et se voient-elles comme des partenaires de long terme et à ce titre, s\'interdisent-elles de céder à la sinistrose ambiante de ces cinq dernières années.En contrepartie, ces inconditionnels se montrent plus exigeants vis-à-vis des entreprises dont ils détiennent des actions et c\'est là le quatrième enseignement. «Les actionnaires individuels ont pleinement intégré leur rôle de partenaires stratégiques de long terme. La majorité d\'entre eux se déclarent même prêts à renoncer à tout ou partie de leur dividende pour favoriser l\'investissement ou le désendettement des entreprises à court terme», fait remarquer la patronne de Capitalcom. En échange, ils demandent des mesures de fidélisation: droits de vote double, majoration du dividende, distribution d\'actions gratuites mais aussi une plus grande transparence au niveau du fonctionnement du conseil d\'administration. Des efforts, oui, mais partagés!Les rapports entre l\'entreprise et ses actionnaires connaîssent de profondes mutationsSi les entreprises veulent se constituer un actionnariat fidèle et donc s\'adjoindre des partenaires de long terme, elles n\'ont certes pas le choix. En écoutant les souhaits de cette population, elles se donnent les moyens de mieux appréhender les évolutions de gouvernance à venir et d\'anticiper ainsi les grands mouvements réglementaires en préparation. Et ce, au moment où le rapport entre les entreprises et leurs actionnaires est en train de connaître de profonds bouleversements, les actionnaires n\'étant plus de simples tiroirs caisses avides de dividendes mais de plus en plus des partenaires actifs, soucieux de participer aux différents développements de leur entreprise.>> Pour aller plus loin, découvrez notre plateforme bourse personnalisable 

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