Jean-Marie Jegoux construit des yachts de luxe en Turquie

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Jean-Marie Jegoux, gérant associé de la société Ned Ship, est devenu en moins de dix ans l'un des piliers de la construction nautique de luxe en Turquie. Cet Orthézien d'une soixantaine d'années avait pourtant peu de chose à voir avec les yachts avant d'arriver dans ce pays, il y a vingt ans, dans le cadre de la construction du réseau de gaz d'Istanbul et d'Ankara. C'est pourtant à cette époque qu'il rencontre un chirurgien plasticien, Orhan Celikkol, avec lequel il décide de se lancer en affaires. À partir de 1997, les deux hommes, l'un gestionnaire, l'autre technicien, misent sur l'époxy composite (un polymère) pour construire des « jouets de luxe », des yachts de 35 ou 40 mètres destinés à une clientèle individuelle européenne, américaine et arabe. Depuis peu, Ned Ship construit aussi pour des investisseurs étrangers comme les allemands Tamsen Yachts et les américains Hargrave.cap sur 2010Au départ basés à Tuzla, zone industrielle proche d'Istanbul, ils se sont installés en 2000 dans la zone franche d'Antalya, alors spécialisée dans le textile mais où l'on compte aujourd'hui une quarantaine de sociétés de construction maritime. Jean-Marie Jegoux est même devenu le premier étranger membre du conseil d'administration de la chambre maritime d'Antalya. « Sur le marché mondial, la Turquie est désormais reconnue comme un gros acteur de la construction nautique », se félicite ce Béarnais. « Le pays a totalement modifié son image. Les clients savent qu'il y existe une industrie du luxe de très haut niveau. »L'année 2009 aura toutefois été « catastrophique » pour ce secteur, avoue- t-il. « En décembre 2008, notre entreprise a perdu 40 % de son chiffre d'affaires en deux coups de téléphone. » Loin des 35 millions d'euros de prévisions, Ned Ship devrait difficilement atteindre les 15 millions en 2009. Pourtant, Jean-Marie Jegoux a de quoi être optimiste. « L'année 2010 est prometteuse. Nous avons de nouveaux clients qui parient sur une sortie de crise d'ici à deux ans et qui investissent dès aujourd'hui sur des yachts de 50 et 55 mètres. C'est énorme. Nous parlons de bateaux de 25 à 30 millions d'euros. » De l'aveu même de son gérant, la crise a également permis à Ned Ship de se diversifier en signant un contrat de concession avec la zone franche d'Antalya afin de gérer l'activité de maintenance et d'hivernage. La société vient également d'être sélectionnée par General Electric pour produire des pales d'éoliennes de 35 mètres, « un marché très prometteur en Turquie où les besoins sont énormes ». Enfin, l'Union européenne l'a homologué pour la conception d'un prototype de bateau propre pour le compte d'un bureau d'étude norvégien.

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