Outre-Rhin, le budget limite la marge de manoeuvre d'Angela Merkel

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Une des raisons du refus de Berlin de venir en aide à la Grèce, c'est l'état de son propre budget. La loi de finances rectificative adoptée par le parlement prévoit un déficit pour le seul budget fédéral - hors déficits des Länder, des communes et des caisses d'assurances sociales - de 80,2 milliards d'euros. C'est un record absolu dans l'histoire de la République fédérale. Le précédent s'élevait aussi à 80 milliards, mais en 1996 il s'agissait de deutsche marks, soit 40 milliards d'euros. Les dépenses des plans de relance et des réductions d'impôts (8,5 milliards d'euros supplémentaires en 2010) pèsent lourd, alors que les rentrées fiscales sont pénalisées par le faible niveau d'activité, après le recul de 5 % de la croissance en 2009, et le poussif redémarrage en cours. Au sens de Maastricht, le déficit public devrait se situer entre 5 et 6 % du PIB en 2010 et le niveau d'endettement devrait également dépasser le niveau record de 1.700 milliards d'euros, soit 70 % du PIB qu'il tutoyait déjà fin 2009.Or, le gouvernement fédéral doit se hâter de consolider son déficit. Non seulement il a promis à Bruxelles de faire revenir le déficit général sous la barre des 3 % en 2013, mais la constitution lui fait obligation de ramener son propre déficit à 0,35 % du PIB en 2016. Lors de la discussion budgétaire, Angela Merkel n'a pas caché que cela signifiera des « décisions difficiles », car il faudra pour atteindre l'objectif réduire le besoin de financement fédéral de 10 milliards d'euros par an à partir de 2011. La chancelière va donc devoir annoncer un tour de vis pour 2011. Les baisses d'impôts promises par ses partenaires libéraux seront bien en deçà des 20 milliards d'euros prévus et il y aura des coupes dans les subventions et les budgets ministériels. Pour le moment, Angela Merkel refuse toujours un nouveau relèvement de la TVA, jugé inévitable par plusieurs économistes. Tout cela va donner lieu à beaucoup de mauvaise humeur, notamment dans les rangs de la coalition, car les Libéraux n'ont pas encore fait leur deuil des promesses électorales qui leur avaient apporté un score record en septembre, lors des élections fédérales. Aussi, l'ancienne physicienne de l'ex-RDA aura bien du mal à faire accepter à ses concitoyens le versement d'un chèque à des Grecs dépeints par les médias comme des monstres de laxisme. Romaric Godin, à Francfort

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