Bercy - Défense, la guerre en coulisse

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Le match Bercy-Défense, c\'est le « Clásico » du budget. Et en 2013, encore plus. Entre contraintes budgétaires, nouveau Livre blanc et loi de programmation militaire, c\'est le match que le ministre de la Défense ne doit pas perdre pour ne pas endosser la responsabilité du décrochage de la France des pays disposant encore d\'une autonomie d\'intervention sur des théâtres extérieurs. En tant que supporter des « Merlus » (FC Lorient), Jean-Yves Le Drian le sait bien. Le match a été âpre et pas toujours fair-play.Pour convaincre François Hollande, les deux camps ont recruté haut de gamme : la direction du Budget a convaincu le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, de la justesse de ses coupes tandis que les arguments en faveur d\'une filière industrielle performante de l\'Hôtel de Brienne ont séduit l\'autre Bercy, à savoir le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, voire celui de l\'Économie et des Finances, Pierre Moscovici, influencé par l\'Agence des participations de l\'État. L\'APE voit d\'un mauvais œil la remise en cause de l\'outil industriel qui serait destructeur de valeur pour l\'État actionnaire. Pour l\'heure, le match de l\'année n\'est pas fini : François Hollande n\'a pas encore tranché sur l\'ambition qu\'il souhaite donner à la France à travers son armée et son industrie de défense. Le conseil de défense du 10 avril, qui devait être décisif, ne l\'a finalement pas été.Des ressources (très) exceptionnellesUne chose est sûre, Bercy ne renonce jamais. Surtout quand il s\'agit de trouver des dépenses faciles à couper pour gagner un combat budgétaire difficile. Même si c\'est au détriment du ministère de la Défense et, au-delà, d\'une vision à long terme de la place de la France dans le monde. Il y a peu de temps, Bercy - ou plus exactement son administration - avait bel et bien repris la main lors du conseil de défense du 10 avril avec la complicité du Premier ministre, Jean-Marc Ayrault. Pourtant, le 28 mars, lors de son intervention télévisée, le président François Hollande avait tranché. Entre de nécessaires économies et les menaces pesant sur la France, le chef de l\'État avait choisi de maintenir le budget de la Défense tout au long de la prochaine loi de programmation militaire (2014-2019) au niveau de celui de 2013. Soit 31,4 milliards d\'euros par an.Mais Bercy, toujours avec la complicité de Matignon, a su trouver le 10 avril les arguments pour faire hésiter le président. Le ministre en charge du Budget, Bernard Cazeneuve, n\'est pas revenu sur la promesse présidentielle des 31,4 milliards d\'euros en 2014, mais a inclus 1,9 milliard d\'euros de ressources exceptionnelles (REX). Soit un budget de 29,5 milliards d\'euros, auquel l\'Hôtel de Brienne peut ajouter 1,9 milliard d\'euros de REX... très hypothétiques. Une nuance de taille pour la défense qui, pour le coup, ne se fait aucune illusion sur l\'existence de ces ressources extrabudgétaires. Surtout quand on sait que les REX du budget de 2013 étaient déjà inscrites au budget... de 2009. Trouver 1,9 milliard pour le budget 2014 est pratiquement une mission impossible, sauf à vendre des participations de l\'État actionnaire. C\'est ce que recommandent les sénateurs, et l\'APE.

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