Coup de froid sur l'automobile française en ce début d'année

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Dur début d\'année pour l\'industrie automobile française. Au premier trimestre 2013, le chiffre d\'affaires du groupe Renault a chuté de 11,8% à 8,26 milliards d\'euros  (-9% hors effet de change à structure identique). Pas terrible. Le volume d\'affaires de l\'activité automobile plonge même de 12,6% à 7,74 milliards d\'euros. \"En Europe, dans un marché plus difficile qu\'attendu (-10%), notamment en France (-13,9%), les immatriculations reculent de 11,6%\". Plombé sur le Vieux continent, Renault accroît heureusement ses immatriculations dans la région \"Eurasie\", qui comprend notamment la Russie, de 20,8%. Mais, ailleurs, Renault ne fait pas d\'étincelles... Dans la région \"Euromed-Afrique\", ses immatriculations sont en hausse de 9,1 %, mais c\'est moins que les marchés (+14,3%, toutes marques confondues). En Asie-Pacifique, les immatriculations du groupe au losange croissent faiblement, de 3,8% seulement. Enfin, dans la zone Amérique, ses volumes sont en baisse de 8%. Bref, le plongeon sur le Vieux continent ne n\'est nullement contrebalancé par le hors Europe, comme chez les concurrents germaniques. Pour sa part, PSA Peugeot Citroën a annoncé, ce mercredi matin, un chiffre d\'affaires trimestriel en chute de 6,5% à 13 milliards d\'euros, voire de 10,3% dans la division automobile à 8,72 milliards. Les ventes de PSA ont fléchi (en nombre d\'unités) de 14,6% à 674.600 dans le monde sur les trois premiers mois, et de 16,9% sur la seule Europe à 381.800.Perpectives morosesEntrevoyant un recul du marché européen et français de 5% sur l\'année, Renault affirme toutefois dans un communiqué qu\'il \"maintient ses objectifs pour 2013\", sous réserve que les marchés européens ne se dégradent pas plus. Il compte donc \"augmenter ses immatriculations, dégager une marge opérationnelle de l\'automobile positive, générer un free cash flow  (flux de trésorerie) opérationnel de l\'automobile positif\". Déjà ça. L\'an dernier, le groupe au losange a vu son bénéfice net reculer de 15,3% à 1,77 milliard d\'euros en 2012. Malgré une plus-value exceptionnelle de 924 millions d\'euros liée à la liquidation de sa participation dans le groupe suédois AB Volvo, ainsi que la contribution de son partenaire Nissan (1,23 milliards d\'euros) et du russe Avtovaz (Lada, 186 millions). Le constructeur tricolore a essuyé une perte opérationnelle de 25 millions d\'euros dans sa branche automobile l\'an dernier.Réduire la consommation de  cash par deux\"Nous prévoyons un repli du marché de l\'ordre de 5% en Europe (...). Et l\'année 2014 pourrait être plus difificile qu\'attendu précédemment\", a martelé de son côté ce mercredi Philippe Varin, président de PSA Peugeot Citroën, lors de l\'Assemblée générale des actionnaires du groupe. Le dirigeant s\'est, sinon, contenté prudemment d\'évoquer la poursuite de son plan visant à \"rétablir la rentabilité de la division automobile en Europe\" Il a confirmé \"son objectif de réduire par deux le rythme de consommation de cash en 2013\"! Ce qui la ramènerait à 1,5 milliard, soit tout de même 4 millions par jour!  PSA - qui a prévu de supprimer 11.000 postes entre 2011et 2014 en France et de fermer son usine d\'Aulnay-sous-Bois en 2014, voire dès 2013 - avait affiché au titre de 2012 une perte nette de 5,01 milliards d\'euros (dont 4,19 milliards pour le second semestre), contre un bénéfice de 588 millions l\'année précédente. Celle-ci incluait des dépréciations d\'actifs massives à hauteur de 4,7 milliards. Le groupe avait aussi vu son résultat opérationnel courant plonger dans le rouge de 576 millions (contre un bénéfice de 1,09 milliard en 2011). Pour améliorer sa productivité, Philippe Varin a annoncé d\'ailleurs ce mercredi qu\'il comptait \"démarrer en mai\" des négociations sur la compétitivité en France et espère arriver à un accord \"à l\'automne\", emboîtant le pas de Renault pour obtenir plus de flexibilité des sites tricolores...Les équipementiers affectés aussiMême s\'ils se portent beaucoup mieux, les équipementiers auto français accusent aussi le coup. Certtes, leur forte internationalisation les sauve. Il n\'empêche. Michelin a ainsi annoncé lundi un chiffre d\'affaires en recul de 8,1% au premier trimestre à 4,9 milliards d\'euros, incriminant notamment la faiblesse de la demande en Europe. Valeo ralentit, mais affiche encore une hausse de son chiffre d\'affaires de 1,1% au primer trimestre à 3,04 milliards.  Faurecia, filiale de PSA, a publié mardi un chiffre d\'affaires en légère hausse de 1,7% à 4,37 milliards d\'euros, malgré le recul de son activité en Europe.Daimler, Volkswagen, Ford, touchésRenault et PSA ne sont pas les seuls à pâtir de la crise en Europe. L\'allemand Daimler, qui fabrique notamment les célèbres Mercedes, a enregistré une chute de 60% de son bénéfice net au premier trimestre à 536 millions d\'euros, à cause notamment de l\'Europe. Son résultat d\'exploitation a fondu de 56% à 917 millions pour un chiffre d\'affaires en repli de 3% à 26,1 milliards. Les résultats de Volkswagen sont aussi en recul. Son volume de ventes a féchi légèrement sur le premier trimestre à 46,6 milliards, \"à cause des effets d\'un marché européen déclinant\". Le résultat opérationnel a plongé sur trois mois de presque 28% à 2,3 milliards d\'euros. Le bénéfice net a plongé de 38% à 1,94 milliard. L\'américain Ford ne recule pas au niveau mondial, mais se porte très mal en Europe! Sur le vieux continent, le groupe de Dearborn affiche une perte trimestrielle avant impôts de 462 millions de dollars (350 millions d\'euros), plus que triplée en un an. Son chiffre d\'affaires dans la région recule de 7% à 6,7 milliards de dollars (5,2 milliards d\'euros). Ford s\'attend à perdre au total 2 milliards de dollars environ cette année en Europe.

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