Le dollar, grand absent des négociations internationales

 |   |  346  mots
Dans les coulisses du G20 de Londres, début avril, le dollar était omniprésent. La Chine avait lancé sa grande offensive antidollar comme seule monnaie internationale de référence, ralliant à sa cause les Bric au complet pour réclamer une alternative aux accords de Bretton Woods. À Pittsburgh, c'est quasiment motus et bouche cousue. La Chine a même fait savoir que son yuan, qu'elle tente pourtant de faire monter en graine avec ses partenaires émergents, n'était pas mûr pour devenir une monnaie internationale (sic !). Et pourtant, c'est avec un dollar de combat que les Américains vont retrouver les protagonistes du sommet. Un dollar qui dérive face à toutes les monnaies, notamment l'euro remonté à son plus haut niveau depuis un an, à plus de 1,48 cette semaine. Le problème, c'est qu'ils ne sont pas les seuls à vouloir tirer profit d'une monnaie affaiblie pour accélérer leur retour à la croissance et que le système monétaire international, pourtant l'un des principaux poumons économiques mondiaux, est à nouveau tiraillé. La Chine pratique de plus en plus ouvertement le dumping monétaire depuis qu'elle a recollé son yuan au dollar pourtant tant décrié à l'été 2008. Les États-Unis d'Obama ne sont pas mécontents que le dollar soit devenu le véhicule privilégié du « carry trade », la pratique spéculative consistant à jouer sur les écarts de rendements, nuls en l'occurrence pour le billet vert. Et le dumping monétaire fait également partie de l'arsenal de la Grande-Bretagne, qui laisse filer son sterling, lui aussi fort peu rémunéré. On ne pouvait lire autre chose dans le rapport publié cette semaine par la Banque d'Angleterre, estimant que « le taux de change réel de la livre compatible sur le long terme avec les fondamentaux pourrait avoir baiss頻. C'est une guerre monétaire larvée qui s'enclenche, et tout se passe comme si le G20 ne l'avait pas détectée. Comme les subprimes en leur temps, pas si lointain. Décidément, l'histoire a une fâcheuse tendance à se répéter. Isabelle Croizard

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :