Les Japonais fatalistes sur leur retraite

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Le départ à la retraite à 62 ans ? Les Japonais n'osent même pas en rêver. En panne démographique depuis quarante ans, ils ont intégré le vieillissement voire le dépeuplement de leur société comme une fatalité. Grevés d'une dette publique qui représente deux fois la taille de leur économie, ils ont compris que leurs contributions augmenteront, et que leurs prestations diminueront. Le gouvernement a promis d'unifier et de simplifier leur système de financement hétérogène, qui distingue professions libérales, salariés du privé et fonctionnaires (et dans lequel la part versée par l'entreprise ou l'administration est très importante, notamment la prime de départ). Il caresse l'idée d'augmenter la TVA, dont les recettes abonderaient un fonds public ad hoc. Mais toucher à cet impôt s'est toujours révélé mortel pour les gouvernements qui s'y sont essayé. En réalité, les Japonais vivent déjà des vieux jours laborieux. Il existe bien un âge légal de départ à la retraite, fixé à 60 ans, mais il est davantage indicatif qu'obligatoire, le « tournant » véritable ayant lieu à 65 ans. Ce cap est souvent l'occasion d'un nouveau contrat de travail, plus précaire. Sans soubresauts, les Japonais ont de fait accepté de travailler plus longtemps. Aujourd'hui, les hommes y prennent leur retraite en moyenne à 70 ans, et les femmes à 66 ans, selon une étude de l'OCDE. « Le gouvernement japonais mise sur l'emploi des seniors pour compenser les effets économiques néfastes du vieillissement de la population. Le taux d'activité des 55-64 ans s'établissait à 69 % en 2009 (43 % en France en 2008). Le taux d'activité des hommes reste très élevé chez les 55-59 ans (92 % contre 66 % en France) et les 60-64 ans (77 % contre 23 % en France), ainsi que chez les plus de 65 ans (29 %, contre 2 % en France) », souligne la mission économique de l'ambassade de France à Tokyo.Régis Arnaud, à Tokyo

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