Les activités de marchés sacrifiées

La crise de 2008 a été celle de trop. La déferlante des subprimes a secoué les deux grandes banques mutualistes, Crédit Agricolegricole et BPCE. En trois ans de crise, elles ont perdu au total 7,7 milliards d'euros, dont 4,5 milliards pour la seule Natixis. En 2008, les deux groupes ont entrepris de violentes coupes dans leurs activités de marché. Une cure d'amaigrissement sans précédent a été imposée : 1.000 emplois supprimés dans la banque d'investissement du Crédit Agricolegricole et autant chez Natixis. À l'arrivée, la taille de l'ex-Calyon a été réduite de plus d'un tiers et la banque d'investissement de Natixis de plus de moitié.Ces virages stratégiques illustrent le renoncement catégorique des deux mutualistes aux activités de marché, ou du moins de trading. Crédit Agricolegricole et BPCE mettent ainsi fin à plus de dix ans d'expansion dans ces métiers. Dans les années 1990, Crédit Agricolegricole, Caisses d'Épargne et Banques Populaires réalisent qu'elles ont pris du retard face à BNP, Société Généralecute; Générale et Paribas dans les activités très lucratives dédiées aux entreprises et aux investisseurs. Pour la première fois de leur histoire, elles décident de se lancer dans ce nouveau métier et de sortir de la banque de détail. En 1996, la Banque verte rachète Indosuez. Deux ans plus tard, les Banques Populaires mettent la main sur Natexis. En 1999, les Caisses d'Épargne entrent au capital d'Ixis avant de le racheter deux ans plus tard. C'est l'époque où les mutualistes tentent un retour en force face aux banques cotées. Mais les premières désillusions frappent. Crédit Agricolegricole subit les crises russe et asiatique en 1997 et 1998, alors que Natexis connaît ses premières pertes sur les dérivés actions en 2002. Peu importe, les perspectives de gain sont trop fortes ; l'aventure continue. Crédit Agricolegricole part à l'assaut du Crédit Lyonnais et double sa taille sur les marchés. Aux Caisses d'Épargne, Ixis pousse les feux aux États-Unis et se marie fin 2006 à Natexis pour créer Natixis. Le marché français se retrouve avec quatre banques d'investissement dont deux mutualistes qui sont, certes, les deux dernières. Mais le Crédit Agricolegricole n'a plus de limite et veut que sa filiale Calyon tutoie les mastodontes BNP Paribas et Société Généralecute; Générale. Entre-temps, en 2005, le Crédit Mutuel perd 600 millions d'euros sur le trading et décide de sortir définitivement des marchés afin de se consacrer uniquement à son métier historique de la banque de détail. Il a finalement devancé ses concurrents. Aujourd'hui, les mutualistes sont sortis du jeu et laissent BNP Paribas et Société Généralecute; Générale seules, comme il y a quinze ans. M. Pe.

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