BPCE suit le Crédit Agricole dans la voie du recentrage

« Faire notre métier, le faire bien, ne faire que notre métier. » À elle seule, cette phrase tirée d'un message de François Pérol aux 127.000 salariés du groupe BPCE résume le nouvel état d'esprit des banques mutualistes. Cette petite musique du retour aux sources rappelle en effet l'air qui a accompagné le renversement de Georges Pauget au Crédit Agricolegricole. Elle souligne surtout, en creux, les errements des Caisses d'Épargne et des Banques Populaires ces dernières années. C'en est donc fini de la course en avant qui les avait vues lancer leur filiale Natixis à l'assaut des marchés financiers internationaux et mener des diversifications aussi coûteuses que hasardeuses, notamment dans l'immobilier. Signe des temps, trois dirigeants historiques, Alain Lemaire, Yvan de La Porte du Theil et Guy Cotret, perdent leur place au directoire.Dévoilant ce jeudi son plan stratégique 2010-2013, baptisé « Ensemble », le président du directoire de BPCE a ainsi brossé le portrait d'un « groupe bancaire universel » ayant « la vocation et la capacité d'offrir tous les services bancaires et financiers à toutes les clientèles ». À commencer par l'assurance, « levier de croissance organique du groupe ». BPCE continuera à financer l'immobilier, mais « n'a pas vocation à être un acteur industriel ». Crédit Foncier sera donc mis en synergie avec les réseaux, tandis que le promoteur Nexity, l'administrateur de biens Foncia et la foncière Eurosic ont vocation à être cédées pour devenir de simples partenaires. Mais sans précipitation.Selon ses projections financières, BPCE n'aura en effet pas besoin de procéder à des cessions pour rembourser l'État, auquel il doit encore 6,25 milliards, d'ici la fin 2013, et porter son ratio de fonds propres durs à plus de 8 %, contre 7 % aujourd'hui, en prévision du nouveau cadre prudentiel de Bâle III. Il s'appuiera donc sur sa capacité bénéficiaire, avec un objectif de rendement des capitaux propres supérieur à 12 % en 2013, contre 6 % en 2009. Et sur l'émission de parts sociales, projetées à 2 à 3 milliards sur la période, contre 3 milliards en 2009. Ce pari s'appuie sur des objectifs financiers audacieux. optimiser, mutualiserLe groupe vise en effet un produit net bancaire de 25 milliards en 2013, contre 21 milliards l'an dernier. Il veut aussi mettre l'accent sur l'efficacité, en ramenant son coefficient d'exploitation (qui rapporte les coûts aux revenus) de 71 % à 66 %. Autant d'objectifs qui exigent d'intensifier les relations commerciales entre Natixis et les réseaux, pour générer 810 millions de revenus supplémentaires. Mais aussi d'optimiser les processus et de mutualiser les ressources pour dégager 1 milliard d'économies. Un plan dont la mise en oeuvre pourrait réserver quelques surprises.De son côté, Crédit Agricolegricole va engager prochainement sa réflexion sur le nouveau projet de groupe à dix ans. Objectif : remettre le client et la qualité de la relation au centre du modèle. Benjamin Jullie

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