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Consommer moins pour gagner plus, la vérité sur la crise économique

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Publié le 26 août 2013 à 09:06 - Mis à jour le 26 août 2013 à 09:06

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Et si la crise, qu\'on nous a dit 10 fois être  terminée, ne pouvait l\'être tant que l\'on n\'aurait pas posé le problème pour ce qu\'il est ?Si les solutions apportées jusque là ne fonctionnent pas, c\'est qu\'elles ne sont pas en adéquation avec les vraies causes de la crise.Les 30 glorieuses se sont terminées avec le premier choc pétrolier, qui eut lieu en 1973. Le second, en 1979, en renforça l\'effet. Il fut trop fort, et eut, pour ses initiateurs, un effet contre-productif, car en affaiblissant les économies occidentales, il fit chuter les prix du brut, générant un contre-choc pétrolier. Renforcé par les mesures d\'économie d\'énergie de toutes natures, ce contre-choc donna l\'illusion que des réformes structurelles profondes pouvaient être évitées et qu\'au contraire, le modèle économique ayant eu cours jusque-là pouvait être maintenu.Une croissance artificielleLa politique de la demande (développement du crédit) - très à la mode dans les années 80 - a permis un soutien à la croissance dont on n\'a pas voulu voir qu\'il était artificiel. A l\'époque, on disait que la forte inflation connue dans les années 70 était en grande partie liée à la situation de plein emploi, dont la contrepartie était une absence de contrôle des salaires. La suppression du contrôle des changes, au même moment, lançait la mondialisation économique. Les pertes d\'emplois étaient très fortes mais compensées par des baisses de prix substantielles pour les produits désormais importés. L\'économie faiblissait, mais ne calait pas.Trois phénomènes majeurs allaient alors se conjuguer : d\'une part une accélération des délocalisations ou expatriations d\'emplois, qui ont réduit le pouvoir d\'achat ( facteur essentiel à la consommation ), et les investissements ( autre facteur clé de l\'économie avec l\'épargne qui lui correspond ) et d\'autre part le double effet de la mondialisation que nous allons développer.Les ressources flambentSi la mondialisation a porté à un niveau encore inégalé la division du travail, en abaissant les coûts sous l\'effet de la révolution des transports, elle a aussi provoqué un extraordinaire développement des populations. Des populations qui ne tardèrent pas à  importer le modèle économique dominant du moment - c\'est-à-dire le modèle consumériste - et ont totalement déséquilibré le marché des ressources matérielles et énérgétique, et matières premières.Est apparu alors un facteur-clé dont la conscience est encore faible mais qui est incontournable pour une sortie de crise : si la productivité du travail reste une source de développement économique, la productivité des ressources matérielles, appelée intensité énergétique et matérielle, devient bien plus importante encore car les progrès de la productivité du travail ont été, pendant ces 20 dernières années, compensés par l\'accroissement des prix des ressources matérielles.L\'humanité retourne à la pénurieLa problématique est simple. Il n\'y a pas, en l\'état de nos connaissances et de nos technologies, de ressources matérielles, énergie et matières premières, pour 7 milliards d\'humains vivant comme les Européens, a fortiori comme les Américains. Denis Meadow, qui avait rédigé, à la demande de l\'OCDE, le fameux rapport « The limits to Growth », estimait que les énergies renouvelables ne pouvaient satisfaire les besoins que de deux milliards d\'humains. Dès lors, il ne peut y avoir que trois solutions : réserver le développement à quelques uns, faire accepter aux Occidentaux (et aux non Occidentaux qui ont déjà rejoint le niveau de vie occidental) une baisse de leur niveau de vie pour que les autres puissent les rejoindre, changer de modèle économique pour un modèle plus frugal.Contrairement à ce que laisse croire la société de consommation, ce n\'est pas le chiffre d\'affaires qui fait la richesse, mais la valeur ajoutée - sans corrélation avec la consommation de matière. Le passage du consommateur passif au consom\'acteur, vent debout contre l\'obsolescence programmée - dont on a usé et abusé - montre bien les limites du modèle. En supposant que l\'une des deux premières solutions puisse être choisie, cela n\'empêchera pas un fort ralentissement du développement. A l\'élévation des prix, s\'ajoute le risque de pénurie. Outre la pénurie naturelle, il est devenu évident que la détention d\'une matière première stratégique était aussi une arme politique.Le profit a changé de mainLe premier choc pétrolier a été la réponse des producteurs musulmans à la guerre du Kippour. L\'interdiction de l\'exportation de terres rares, sans lesquelles il n\'y a pas d\'industrie électronique, par la Chine, en septembre 2010, fut une réponse au rappel, par un ministre japonais, de la souveraineté de son pays sur les îles Senkaku.Ainsi, les deux siècles derniers, à l\'expansion économique exceptionnelle dans l\'Histoire, auront aussi été une parenthèse en train de se refermer : nous vivons le retour à ce que l\'humanité a toujours connu : la pénurie.Dès lors, l\'avenir appartiendra à ceux qui sauront produire une forte valeur ajoutée avec le minimum de ressources matérielles. Les dix dernières années ont montré un transfert très fort de valeur ajoutée, de profit, du transformateur au détenteur de la matière première. Dans le cas de l\'acier, par exemple (chiffres McKinsey), le retour sur investissement est de 25 à 30% pour la mine alors qu\'il n\'est plus que de 5% pour l\'aciériste !La solution de l\'économie de fonctionnalitéCertains cherchent à faire durer le modèle dont ils ont jusque là vécu. Ils disent \'nous allons chercher la croissance où elle se trouve\'. Ils vont donc dans les pays dits émergents. Mais ceux-ci sont encore très dépendants des commandes de l\'Occident. Leur croissance, si l\'Occident ne repart pas, sera très limitée. Pourquoi repartirait-il rapidement puisqu\'il est criblé de dettes et que, pour repartir, il devra changer de modèle, - ce que contestent les tenants du business as usual - ? De plus, face à cette crise profonde, le caractère multipolaire du monde va se renforcer. Quelles seront les garanties d\'avenir de ceux qui composeront avec les pouvoirs aux attitudes changeantes ?Il y a 20 ans, la Chine était grande ouverte pour accueillir capitaux, technologies, savoir-faire … Aujourd\'hui,  premier producteur mondial  de terres rares, elle en interdit l\'exportation et elle met Apple sous surveillance, au motif que cette entreprise trompe les clients chinois.Comment maîtriser sa dépendance aux ressources matérielles ? Par diverses méthodes, mais toujours avec du savoir-faire, donc avec de la main d\'oeuvre qualifiée. La création de l\'Institut de l\'économie circulaire est emblématique de la pénurie qui s\'annonce. Il est urgent de réduire notre dépendance aux ressources matérielles. De nombreuses méthodes permettent une plus grande valeur ajoutée (1). La plus adaptée, parce que à boucle très courte donc la plus rentable, est l\'économie de fonctionnalité (ou vente de l\'usage) qui consiste à vendre l\'usage d\'un bien plutôt que le bien lui-même. Nouveau ? Non, qui n\'a pas lavé sa voiture à la station automatique, donc payé l\'usage d\'un bien qu\'il ne possède pas ? Tout le monde. Michelin, Peugeot, Dow chemicals, Xerox, Elis, Bolloré, Cofely, pour ne citer que ces entreprises, la pratiquent avec succès.Consommer moins, c\'est revaloriser le travailC\'est l\'économie de fonctionnalité qui montre le mieux la rupture entre l\'ancien modèle, sur-consommateur de ressources matérielles, et le nouveau, sous-consommateur de ressources matérielles et revalorisant le travail. Dans le modèle actuel, la surconsommation matérielle appelle une compensation : la baisse du coût du travail, soit par \'\'délocalisation\'\', soit par \'\'ajustement du coût du travail en Europe\'\'. Dans le modèle actuel, la main d\'oeuvre est de basse qualité, peu payée et doit le rester car le \'\'coût matières\'\' l\'exige. Dans le cas de l\'économie de fonctionnalité, la pierre angulaire est le non-transfert de propriété. Cela change les comportements. Le fabricant propriétaire a tout intérêt à faire durer le bien, y compris en y intégrant des innovations, le client a une garantie réelle puisque le contrat est de résultat et plus de moyens. Il cesse de payer si le bien ne fonctionne plus.Cela remet la main d\'oeuvre de qualité au goût du jour. L\'exemple bien connu de Xerox en est emblématique : doublement de la masse salariale, mais génération de 2 milliards de dollars de profit supplémentaires en 10 ans : qui a dit que le coût du travail était problématique ? Souvenons-nous : dans les années 60-70, l\'Allemagne avait la main d\'œuvre la plus coûteuse et son économie tournait rond. Explication simple : ce n\'est pas le coût qui importe mais le ratio de ce qu\'elle rapporte sur ce qu\'elle coûte !Parmi les nouveaux business models, l\'économie de fonctionnalité est la meilleure réponse à cette contrainte nouvelle : réduire a minima la consommation de ressources matérielles pour une valeur ajoutée maximisée.  (1) Les clés du renouveau grâce à la crise ; Economie de fonctionnalité : mode d\'emploi pour les dirigeants d\'entreprise. Eric Fromant (ems-éditions. Mai 201)._____________________________________________________________________________L\'économie de fonctionnalité est un nouveau modèle économique basé sur la vente de l\'usage d\'un bien, et non plus sur la vente du bien lui-même. Il a émergé dans les années 80 et prend tout son sens aujourd\'hui en raison de la crise économique : la pénurie et la hausse des prix des matières premières, le poids du coût du travail (y compris dans les pays à « bas coût\' »), la réduction du pouvoir d\'achat dans les pays développés, sont autant de facteurs de réduction de la compétitivité et de la rentabilité des entreprises. L\'obsolescence des produits, toujours plus consommatrice de matières premières et de main d\'oeuvre, n\'est plus un atout marketing, mais devient un handicap financier et d\'image. Ce nouveau modèle, basé sur la vente de l\'usage et non plus sur l\'acquisition d\'un bien, favorise la conception de produits pérennes, évolutifs et le développement d\'une offre différenciée. Nombre de fers de lance de l\'industrie intègrent dès à présent ce nouveau Business model, notamment dans les domaines de l\'automobile, des photocopieurs, de la blanchisserie industrielle et même de services …

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