« Technicolor a choisi de garder sa recherche fondamentale en France »

Au prochain salon mondial de l'électronique de Las Vegas, nous présenterons des nouveautés significatives dans le domaine de l'accès et la consommation des contenus sur Interne.Dans un univers qui bouge très vite, face à des concurrents avec des moyens considérables, ne vous retrouvez-vous pas financièrement bridé pour investir ?Malgré les dix-huit mois de restructuration financière que nous avons traversés, nous n'avons pas réduit notre effort de recherche et développement car il s'agit d'un atout déterminant et hautement stratégique pour le groupe. Nos investissements dans ce domaine s'élèvent à environ 150 millions d'euros par an, et nous possédons et monétisons un portefeuille de plus de 40.000 brevets. Au prochain salon mondial de l'électronique de Las Vegas [le CES qui se tient en janvier], nous présenterons de nombreuses nouveautés significatives, développées ces dernières années dans le domaine de l'accès et la consommation des contenus sur Internet, en vidéo à la demande ou en streaming. Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?Il nous semble essentiel que l'accès au contenu devienne enfin plus fluide, plus simple. Rien qu'en France, nous avons dénombré quarante-cinq services de vidéo à la demande. Aux États-Unis, un service de visionnage comme Netflix compte déjà 20.000 références. Or, les études montrent que les gens regardent principalement les blockbusters du moment, ou des films qu'on leur a recommandés. Il y a par ailleurs un grand nombre de films produits qui ne sortent pas en salle mais qui méritent d'être accessibles au public. Nous y travaillons avec des ayants-droit et des fabricants de téléviseurs. Pour aider le spectateur à mieux s'y retrouver, il serait très utile que des métadonnées, permettant de marquer le contenu, soient associées à chaque étape du film. Ces métadonnées représentent un enjeu culturel et économique majeur ; elles permettraient par exemple de contribuer à la promotion des films français à travers le monde. Compte-tenu de l'enjeu qu'elles représentent, et de notre expertise dans ce domaine, nous sommes très actifs auprès des studios de cinéma pour définir une norme commune pour ces métadonnées.Dans le domaine des box triple play, que vous baptisez les passerelles d'accès, vous avez perdu le contrat France Télécom, n'est-ce pas un échec lourd ?Nous en avons tiré les enseignements nécessaires. Il est cependant important de noter que nous n'avons perdu aucun autre client lors de notre phase de restructuration, et nous avons même remporté de nouveaux contrats cette année, tels que Verizon aux États-Unis et ONO en Espagne. En France, nous restons le fournisseur privilégié de l'opérateur télécoms qui a la plus forte dynamique commerciale dans l'ADSL depuis deux trimestres (Bouygues Télécom, NDLR). Enfin, nous avons livré notre cent millionième box en octobre et restons le leader mondial dans ce domaine. Permettez-moi cependant une remarque. À l'heure où l'Europe est devenue le marché le plus ouvert, avec une concurrence féroce, nous sommes une entreprise française, numéro un mondial dans les box, qui a fait le choix de garder sa recherche fondamentale en France. N'est-ce pas notre intérêt commun avec nos grands clients, français et européens, de veiller à préserver un écosystème européen, à l'image de ce que font de leur côté nos concurrents américains ou asiatiques ?Mais êtes-vous toujours français alors que la grande majorité de vos salariés et de vos usines sont à l'étranger ?Notre siège est à Issy-les-Moulineaux. Notre propriété intellectuelle est détenue par une société française et une grande partie de nos chercheurs sont basés à Rennes. Nous sommes cotés à la Bourse de Paris, avec un capital détenu à hauteur de 30 % à 35 % par des petits porteurs français. La majorité des membres du conseil d'administration sont français. À tous ces égards, nous sommes clairement une entreprise française, dotée d'une présence mondiale.Pensez-vous pouvoir regagner un contrat France Télécome;lécom ?Nous y travaillons, bien évidemment. Cependant, la prochaine version de tel ou tel produit n'est pas notre ultime objectif. Notre objectif est de travailler sur le prochain saut technologique, qui devrait permettre de limiter le nombre d'appareils et autres décodeurs à la maison, notamment sous la télévision, pour arriver à un système beaucoup plus simple pour l'utilisateur final d'ici 2015. Où mettra-t-on l'intelligence de ce système dans la maison ? Ma conviction est que ce « média hub » domestique se fera à partir de la boîte d'accès à Internet et non pas du téléviseur ou du PC, ni dans ce qu'on appelle le « cloud ». Propos recueillis par Jamal Henni et Jean-Baptiste Jacquin

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