La Fed devrait, sauf surprise, mener à terme son programme d'achats d'obligations d'État

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Décriée avant même d'être adoptée, la relance du programme d'achat d'obligations d'Etat de la Fed n'en a pas moins suivi son cours. Et sauf coup de théâtre quasi inimaginable, car très périlleux pour le marché obligataire, la Fed devrait confirmer ce mercredi qu'elle mènera à son terme la deuxième phase de sa politique « d'assouplissement quantitatif » (« QE » en anglais), qui vise depuis mars 2009 à prendre le relais (via des achats de titres de dette) de l'arme conventionnelle des taux d'intérêts, épuisée depuis décembre 2008.Début novembre, la Fed avait annoncé qu'elle procéderait à l'achat de 600 milliards de dollars d'obligations d'Etat d'ici à la fin juin. Avec comme objectifs d'éviter une spirale déflationniste tout en garantissant de bas taux d'intérêts à long terme aux agents économiques pour soutenir la conjoncture. Alors que l'économie américaine montrait des signes de ralentissement inquiétants depuis le début de l'été, le président de la Fed, Ben Bernanke, avait déjà fait un premier pas en août en annonçant le réinvestissement en bons du Trésor des remboursements provenant de son portefeuille hypothécaire de 1.250 milliards de dollars, hérité du premier « QE » lancé en 2009. Au total, ces réinvestissements et l'enveloppe annoncée à l'automne devaient atteindre entre 850 et 900 milliards de dollars, avait indiqué la Fed début novembre. Et pour l'instant, la banque centrale est dans les temps puisqu'elle a acquis 626,6 milliards de dollars de titres d'État.« La Fed va probablement confirmer que le ?QE2' sera mené à son terme comme prévu en juin plutôt qu'arrêté prématurément », soulignent les experts de Capital Economics. « Mais nous nous attendons aussi à ce que Ben Bernanke souligne que la fin du second round d'achats d'obligations d'État ne signifie pas nécessairement que la première hausse de taux sera plus précoce » et ce « message pourrait être renforcé par des allusions sur la poursuite du réinvestissement des remboursements des titres hypothécaires en bons du Trésor pour maintenir la taille du bilan de la Fed », ajoutent-ils.Gérer la transitionSans s'engager dans un « QE3 » qui serait jugé trop laxiste et lui promettrait une volée de bois vert aux Etats-Unis et à l'étranger, la Fed pourrait ainsi gérer la transition sur le marché obligataire. Après un rally historique provoqué l'été dernier par les anticipations de « QE2 » du marché, les taux américains ont logiquement rebondi dans le sillage des bonnes nouvelles macroéconomiques de l'hiver et du printemps. Toujours à de très bas niveaux, ils pourraient néanmoins accélérer leur ascension si la Fed, qui détient plus de 1.400 milliards de dollars de titres américains, sortait brutalement du marché. D'autant que le temps n'est pas au beau fixe pour la dette américaine après la mise sous surveillance négative du « AAA » des États-Unis par S&P et le désengagement d'investisseurs obligataires comme Pimco.

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