L'Italien Mario Draghi est propulsé à la tête de la BCE par Nicolas Sarkozy

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Mardi 1er novembre, l'actuel gouverneur de la Banque d'Italie, Mario Draghi, s'assoira, sauf coup de théâtre, à Francfort dans le fauteuil de président de la Banque centrale européenne (BCE) occupé depuis 2003 par le Français Jean-Claude Trichet. Le banquier central italien a en effet obtenu mardi l'un des deux soutiens officiels décisifs pour présider le directoire de l'institution qui met en oeuvre la politique monétaire de la zone euro. « La France sera très heureuse de soutenir un Italien à la présidence de la BCE en la personne de Mario Draghi que je connais bien », a lâché à Rome le président français Nicolas Sarkozy. Accord tacite de BerlinCertes, le porte-parole de la chancelière allemande Angela Merkel a rappelé aussitôt que « la décision sur le successeur du président Jean-Claude Trichet sera prise au prochain sommet de l'UE» de juin. Mais la chancelière, l'autre soutien décisif pour ce poste, a renoncé, depuis la démission du chef de la Bundesbank, Axel Weber, à pousser un autre Allemand à la tête de la BCE. Son ministre des Finances, Wolfgang Schäuble, a déjà officieusement pris parti pour Mario Draghi. Pour Berlin, le choix du candidat italien présente au moins l'avantage qu'il sera obligé d'adopter des positions très « allemandes » pour s'affranchir de toute critique sur ses antécédents du sud de l'Europe. Gouverneur de la Banque d'Italie depuis 2006, Mario Draghi est un grand commis de l'État, ayant piloté les privatisations dans la Péninsule lors de sa direction du Trésor italien (1991-2001). Astucieusement, Nicolas Sarkozy n'a pas manqué mardi d'indiquer la contrepartie à son soutien : la nomination d'un Français au prochain poste vacant au directoire de la BCE. Sur le papier ce ne devrait être que le 1er juin 2012, quand l'Espagnol, José Manuel Gonzalez-Paramo, quittera la BCE. Mais, en fait, la règle tacite d'un seul représentant par pays au directoire de l'institution, obligera l'italien Lorenzo Bini-Smaghi à quitter la BCE lors de l'arrivée de Mario Draghi à sa tête. Reste à savoir quel(le) Français ou Française compétent rejoindra Francfort le 1er novembre. Frank Paul Webe

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