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EADS-BAE Systems : mais de quoi se mêle l'Etat allemand dans cette fusion ?

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Publié le 26 septembre 2012 à 21:02 - Mis à jour le 26 septembre 2012 à 21:02

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La position de principe sur la fusion EADS-BAE Systems adoptée par l’Etat allemand est pour le moins surprenante. Encore plus surprenante pour un Etat qui n’avait cessé de donner par le passé des leçons à Paris sur son interventionnisme dans le groupe EADS. Car à bien y regarder, l’Etat allemand, contrairement à l’Etat français qui détiendra 9 % dans le futur groupe, n’y aura aucune participation – du moins dans un premier temps. L'Allemagne, qui n'a jamais su conclure les négociations pour son entrée dans le capital d'EADS, ne dispose donc aujourd'hui d'aucun droit de veto sur ce rapprochement. Or, "l’Allemagne est le pays qui parasite aujourd’hui le plus l’environnement des négociations alors qu’il n’a aucun droit dans EADS, ni, par conséquent, dans le futur groupe", explique-t-on au sein du groupe européen. Ce que confirme une source proche du dossier interrogée par "latribune.fr", "le bordel allemand crée beaucoup de désordre". "En France, le dossier est bien géré, ce qui n’est pas le cas en Allemagne, regrette cette même source. On ne sait pas qui porte actuellement le dossier".L'Allemagne veut une action spécifique mais à quel titre ?Aucun droit ne ne veut pas dire automatiquement que l’Etat allemand n’aura pas son mot à dire... mais il ne donnera qu’un avis, rappelle-t-on au sein du groupe européen. "Nous, ce qui nous importe, c’est la position de notre actionnaire allemand qui est jusqu’à nouvel ordre Daimler (Ndlr, 15 % du capital et 22,5 % des droits de vote)". Clairement, EADS commence à s’agacer sérieusement de l’interventionnisme tous azimuts de l’Etat allemand dans cette opération. D’autant que ce dernier souhaite, à l’image de la Grande-Bretagne et de la France au titre de leurs activités nucléaires, détenir une action spécifique. A quel titre ? Au titre des activités dans l’aéronautique militaire, l’Eurofighter, explique-t-on à "latribune.fr". Ce qui paraît surréaliste. Pour autant, à l’image de la France et de la Grande-Bretagne, le gouvernement allemand défend – à juste raison – l’emploi, les sites industriels et les bureaux de recherche et développement (R&D). "C’est le tronc commun des revendications des trois Etats", confirme-t-on à "latribune.fr". Ainsi, le député du Parti libéral FDP, partenaire de la chancelière, Martin Lindner, a estimé que ce qui comptait "ce n’est pas l’influence des gouvernements sur EADS ou ses composantes, il s’agit de garder certaines technologies dans ce pays". Berlin craint également que la filiale défense d’EADS, Cassidian, ne fasse les frais d’une restructuration au profit des sites britanniques. Pour autant, Stefan Zoller n’avait pas hésité à tailler à la hache dans les sites français de Cassidian au profit de ceux basés en Allemagne.Pourquoi faudrait-il une position commune entre Paris et Berlin ?Enfin la chancelière allemande Angela Merkel tente d’entraîner François Hollande sur la pente dangereuse d'une position commune entre les deux pays. "Nous n’avons pas pris de décision", avait-elle annoncé samedi lors des entretiens qu’elle avait eu avec François Hollande. Or, les deux pays n’ont pas les mêmes droits. Ce que semble avoir compris le chef de l’Etat français qui n’a évoqué pour sa part qu’une "concertation étroite" entre les deux pays sur ce dossier, qui est "un enjeu qui concerne l’Europe mais aussi nos deux pays, compte tenu de la composition du capital de cette entreprise". "La France, qui elle a des droits, n’a pas à se laisser entraîner dans une position commune avec l’Allemagne", maugrée-t-on dans l’entourage du groupe EADS. La France, qui restera actionnaire dans le futur groupe, est en mesure de négocier certains des avantages dont elle jouit déjà au titre de son pacte d’actionnaires au sein d’EADS. "Il ne faut pas qu’elle rate le train", avertit-on sein d’EADS. Ce qui irrite toutefois le président d’EADS, Tom Enders, toujours aussi soucieux d'éloigner les Etats de la gestion du groupe. La présence des actionnaires publics "dans des groupes de cette taille" n’est pas "absolument nécessaire", a-t-il redit ce mercredi à l’issue de son audition par les députés allemands. Mais il s’y est quand même résolu… tout comme les Britanniques, qui n’ont pas mis de veto à la présence de l’Etat français dans le capital d’EADS, confirme une source proche du dossier.

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