Madrid maintient le cap de la rigueur pour le budget 2011

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La création de deux nouvelles tranches de l'impôt sur le revenu est la principale nouveauté du projet de budget espagnol pour 2011, approuvé vendredi par le gouvernement. Elles concernent les revenus supérieurs à 120.000 euros et 175.000 euros, dont le taux minimum va être relevé respectivement à 44 % et 45 % contre 43 % actuellement. Ce taux pourra atteindre jusqu'à 49 %, selon l'imposition en vigueur dans les régions. Grâce à cette majoration - qualifiée de « symbolique » par les analystes -, l'État percevra entre 170 et 200 millions d'euros supplémentaires.Comme il l'avait promis, le gouvernement va donc faire davantage participer les plus aisés aux mesures de rigueur en vigueur depuis juin, qui affectaient principalement les fonctionnaires et les retraités. Il va également revaloriser de 1 % le montant des retraites les plus faibles. Peu de détails ont filtré mais il semble que « les efforts en matière de recettes sont moindres que ceux faits sur les dépenses. Pourtant, c'était l'occasion d'imposer les grandes fortunes ou d'augmenter l'impôt sur les successions », regrette Laura de Pablos, économiste à l'université Complutense de Madrid.certains experts doutentLes dépenses publiques baissent de 7,9 %, et celles des ministères de 16 % en moyenne, afin que l'État revienne à un déficit public de 6 % du PIB en 2011. Il reste des postes de dépenses importants comme les prestations versées au chômage (30,1 milliards d'euros) et le paiement des intérêts de la dette (27 milliards d'euros). La répartition des coupes n'ayant pas été divulguée, « il est difficile d'évaluer l'impact sur la reprise économique des mesures prises dans le cadre de ce budget », estime l'analyste. D'autres experts doutent de la capacité de l'État à atteindre ses objectifs. Pour Rafael Pampillón, professeur à l'IE Business School, le texte « manque de réalisme car il s'appuie sur des prévisions macroéconomiques plus optimistes que celles des économistes ». Officiellement, la croissance devrait progresser de 1,3 % en 2011, contre 0,4 % selon lui.Le projet sera présenté au Parlement le 30 septembre, au lendemain de la grève générale. Le gouvernement socialiste de Zapatero a déjà obtenu l'appui du Parti national basque en échange du transfert des politiques actives de l'emploi à la région et d'un ensemble d'aides à l'emploi de 472 millions d'euros. Le chef du gouvernement est prêt à payer cher l'adoption du budget, car un rejet conduirait immanquablement à des élections anticipées.

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