Les opérateurs ne sont pas pressés de vendre la fibre
La Tribune
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En visite chez Draka, Jean-Ludovic Silicani, le président de l'Autorité des télécoms (Arcep), assure que « le cycle d'investissement dans la fibre optique a démarré en France ». D'ici un an, le nombre de foyers connectables au réseau à très haut débit devrait doubler par rapport au million actuel et l'objectif d'atteindre 4 millions en 2012 est en bonne voie. Pourtant, d'un point de vue commercial, la fibre optique de bout en bout (FTTH) n'a toujours pas décollé. Sur le million de foyers connectables, seuls 100.000 ont souscrit une offre à très haut débit auprès d'un opérateur. « Il y a un retard dans les abonnements », regrette le président de l'Arcep.Débats techniquesLongtemps, les opérateurs ont fustigé l'absence de cadre réglementaire pour expliquer leur peu d'empressement à promouvoir la fibre optique. Aujourd'hui, l'argument ne tient plus. Les règles pour déployer la fibre optique dans les principales villes de France sont fixées depuis le début de l'année 2010. L'excuse entendue du surcoût du schéma « multifibre » (qui consiste pour chaque opérateur à disposer de sa propre fibre jusqu'à l'abonné) autorisé par l'Arcep ne résiste pas non plus à l'épreuve des chiffres. « La différence du prix entre le mono et le quadri fibre est marginal, de l'ordre de 1 centime d'euro au mètre », explique Jean-Pierre Bonicel, le directeur technique de Draka. De même, un câble avec quatre fibres n'est pas quatre fois plus gros que celui avec une seule fibre, mais environ une fois et demie plus gros. Et passe en tout cas largement dans les fourreaux existants.Si certains débats techniques persistent, les vraies raisons du retard de la fibre sont à chercher du côté du modèle économique. D'une part la masse critique de clients potentiels est encore jugée trop faible par les opérateurs. Ensuite, « la technologie de l'ADSL est suffisamment efficace et surtout très largement rentable », admet un industriel. Seuls des services payants différenciant, comme la 3D, justifient le passage à la fibre optique. Mais ces offres sont encore balbutiantes. Trop pour espérer générer le surcroît de revenus en mesure d'amortir le coût du déploiement de la fibre dans les cages d'escalier. O. Pi.
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