Martine Aubry rétropédale sur la retraite pour préserver l'unité du PS

Il va falloir être clair. » C'est par ces mots que, selon des participants, Martine Aubry a ouvert mardi le bureau national du Parti socialiste consacré au dossier des retraites. Et la clarification a suivi. Dans un communiqué publié à l'issue de la réunion, le PS a réaffirmé le dogme du « maintien de l'âge légal du départ à la retraite à 60 ans ».Le 17 janvier, la première secrétaire du PS avait suscité un émoi certain en estimant, sur RTL, qu'il était possible d'envisager un report de l'âge du départ à la retraite à 61 ou 62 ans, mais pas plus. Une déclaration aussitôt interprétée au PS, mais aussi à la gauche du parti, comme un recul et une main tendue à Nicolas Sarkozy, avant même l'ouverture du débat sur les retraites. Martine Aubry avait beau avoir rappelé son attachement à des négociations préalables sur la pénibilité ou l'emploi des seniors, rien n'y a fait.Jean-Luc Mélenchon, dirigeant du Parti de gauche, l'a accusée d'avoir tiré « une balle dans le pied » de l'opposition et des syndicats. La retraite à 60 ans date de 1982, elle est une des conquêtes sociales historiques de la gauche. Après un moment de flottement, les proches de Martine Aubry sont intervenus ces derniers jours pour souligner que la première secrétaire du PS avait en fait voulu parler d'âge « effectif » et non d'âge « légal » de départ à la retraite.Mardi soir, après le bureau national, Martine Aubry était l'invitée du 20-heures de TF1. « Nous pensons que chaque Français doit continuer à avoir le droit de partir à 60 ans, c'est le cas aujourd'hui, ça doit rester un droit », a souligné la responsable de l'opposition.La droite a aussitôt vivement critiqué ce que le secrétaire d'État à l'Emploi, Laurent Wauquiez, a analysé comme un « reniement ». « Le problème, a renchéri le ministre du Budget, Eric Woerth, n'est pas de faire de l'électoralisme sur la retraite, c'est d'être un homme ou une femme d'État. Elle l'a été, mais elle l'a été peu de temps. » À l'inverse, la secrétaire nationale du Parti communiste, Marie-Georges Buffet, s'est « félicitée » de la mise au point de Martine Aubry.Au PS, nombreux sont ceux qui soulignent que Martine Aubry a sans doute commis une maladresse d'expression le 17 janvier, mais ils sont aussi beaucoup à croire qu'en affichant une posture « responsable » sur la question des retraites, la maire de Lille a fait un calcul politique et cherché à asseoir son statut de présidentiable face au champion des sondages, Dominique Strauss-Kahn.Rassembler à gaucheMais la campagne des régionales fait que Martine Aubry a du mal à conserver cet affichage d'une « culture de gouvernement », également maîtrisée par cet autre présidentiable qu'est François Hollande. Au second tour du scrutin, le 21 mars, le PS devra rallier toutes les voix de gauche pour espérer conserver les vingt régions sur vingt-deux qu'il dirige depuis 2004. Et surtout pour réussir un grand chelem, objectif fixé par la patronne du PS.

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