Alain Juppé appelé en renfort d'une diplomatie en crise

« Plusieurs années de déshérence », « une absence d'intérêt pour la gestion du ministère » : c'est ainsi qu'Alain Juppé a décrit l'état du Quai d'Orsay qu'il a trouvé en 1993, lorsqu'il est devenu ministre des affaires étrangères. Presque deux décennies plus tard, le ministère régalien qu'il retrouve traverse de nouveau une grave crise de confiance, dont le départ forcé de Michèle Alliot-Marie, trois mois seulement après sa nomination, n'est que l'ultime avatar. Transfert de pouvoir vers l'Élysée, administration sous pression budgétaire, absence de clarté dans la position française vis-à-vis des pays arabes, tribunes dans les journaux de hauts fonctionnaires tirant à boulets rouges sur la politique étrangère de la France : la diplomatie tricolore donne l'impression de naviguer à vue (lire la Tribune du 8 février).Quelques atoutsPour faire réentendre la voix de la France, Alain Juppé dispose de quelques atouts. Son expérience, tout d'abord. Non seulement celui qui s'affirme comme le nouveau poids lourd du gouvernement Fillon va retrouver à des postes clef de la diplomatie certains de ses anciens conseillers (lire ci-dessous) mais il a aussi montré lors de son premier passage au Quai d'Orsay ses talents de réformateur. « La dimension économique est particulièrement soulignée ; le ministère doit devenir un assistant des entreprises », raconte le chercheur Marc Dixneuf, auteur d'une étude sur l'internationalisation des administrations. Depuis cette époque, Alain Juppé a toujours conservé un oeil attentif sur l'international, au point d'avoir co-réalisé en 2008 avec Louis Schweitzer, un livre blanc sur la politique étrangère et européenne de la France. Surtout, il respectera sans doute mieux que sa prédécesseuse les consignes données par Talleyrand, en 1838, pour occuper le poste de ministre des Affaires étrangères. « Il lui faut la faculté d'être habile jusque dans le choix de ses distractions (...) il ne doit pas cesser un moment dans les vingt-quatre heures, d'être ministre des Affaires étrangères », écrivait l'illustre diplomate. Éric Chol

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