Les révolutions arabes rendent les autorités chinoises nerveuses

Le Premier ministre chinois Wen Jiabao a réitéré, dimanche, sa détermination à lutter contre l'inflation et la corruption. Cette interview, diffusée sur le site de l'agence de presse officielle Xinhua, est un exercice annuel, auquel il se prête chaque année, à une semaine de la réunion du Parlement. Mais son discours avait, cette année, plusieurs objectifs. Il cherchait d'abord à rassurer la population, dont la partie la plus pauvre est depuis un an victime d'une importante hausse des prix. L'inflation a en janvier a atteint 4,9 %, soit plus que la limite de 3 % fixée par le gouvernement. Wen Jiabao a aussi abordé, la corruption, la disparité entre riches et pauvres, ainsi que l'immobilier : des sujets récurrents de préoccupation pour la population. « Le but de notre développement économique est de répondre aux besoins matériels et culturels de la population et de rendre la vie meilleure », a-t-il dit. Mais cette année, ce discours publié sous forme de chat avec les internautes intervenait dans un contexte très particulier, alors que Pékin et Shanghai étaient sous haute surveillance, dimanche, après un appel anonyme à manifester contre le gouvernement. Celui-ci se montre, en effet, particulièrement nerveux après les révoltes qui secouent le monde arabe. Leur couverture médiatique a été limitée au maximum. Il est toujours très difficile d'accéder en Chine à toute référence à la révolution du « jasmin » sur Internet. « suivre le règlement »Depuis un mois, la surveillance des militants qui réclament plus de libertés civiles et politiques s'est accentuée. Cela n'a pas empêché un internaute anonyme de lancer un appel pour une « révolution du jasmin » en Chine, via le site américain Boxun.com. Il appelle à manifester tous les dimanches à 14 heures dans le centre des grandes villes chinoises et réclame plus d'ouverture politique. Le gouvernement soucieux d'empêcher tout mouvement de masse contestataire qui fragiliserait le régime, a pris très au sérieux ces appels qui n'ont pourtant mobilisé que quelques personnes à chaque fois.Les journalistes étrangers ont reçu samedi un appel téléphonique pour leur rappeler de « suivre le règlement » pour toute interview qui aurait lieu à Wangfujing : lieu désigné pour les manifestations et qui se trouve à quelques centaines de mètres de la place Tiananmen. Ceux qui s'y sont aventurés ont été interdits de filmer et de prendre des photos par des centaines de policiers, en tenue ou en civil. La période qui précède la session annuelle du Parlement est toujours sensible. Des centaines de personnes des quatre coins de la Chine viennent à Pékin y déposer leurs doléances. Le déploiement actuel de forces de l'ordre dans la capitale devrait continuer jusqu'à la fin de la session prévue le 12 mars. Virginie Mangin, à Pék

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