Le déficit au coeur des législatives tchèques

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Alors que les élections législatives - qui ont lieu les 28 et 29 mai - pourraient accoucher d'un gouvernement minoritaire ou d'une coalition dominée par les sociaux démocrates, la République tchèque s'interroge sur les recettes à adopter pour réduire son déficit budgétaire. Il a atteint 5,9 % du PIB en 2009. Si le ministre des Finances du gouvernement de transition actuel, Eduard Janota, proclame haut et fort qu'il a préparé un plan d'action pour réduire le déséquilibre à 4,8 % du Pib en 2011 et à 4,2 % en 2012, un gouvernement minoritaire pourrait être trop faible pour activer un plan d'austérité, tandis qu'une coalition sociale-démocrate serait, comme elle l'a promis aux électeurs, plus encline à accroître le filet social, dont les pensions, qu'à rogner dans les dépenses - le tout dans un contexte de chômage qui frôle les 10%. Seul espoir pour les futurs gouvernants : que la croissance, tirée les exportations, notamment d'automobiles, sorte l'économie de la pire récession qu'elle a connu depuis la fin de l'ère communiste pour remonter la pente, puis reparte franchement à la hausse en 2012 (3 % de croissance du Pib prévue). assainir les comptes publicsL'industrie automobile délocalisée, fer de lance de l'économie tchèque, a traversé la crise en ne renouvelant pas les contrats d'ouvriers venus de l'ex-URSS, du Vietnam ou de Mongolie. Aujourdh'ui, l'emploi à temps plein est reparti chez Skoda-Volkswagen, à Mlada Boleslav. Les ouvriers de Hyundaï ont même obtenu l'abrogation des heures supplémentaires obligatoires mal payées sur le site de Nosovice, en Moravie du Nord. Les multinationales telles Volkswagen ou Peugeot-Toyota ont prévu d'accorder au minimum 2,5 % d'augmentation de salaires et primes à leurs employés cette année. Mais en attendant que la consommation interne remplisse les caisses de l'Etat par le biais des taxes, il faudra assainir les comptes publics, surtout si Prague veut adhérer à l'euro avant 2015. Or la réforme de la santé voulue par les conservateurs du précédent gouvernement et qui instaurait une franchise de 3 euros par visite médicale a été si amendée (exclusion des obligations de paiement pour les enfants, les retraités, les diabétiques, etc) qu'elle a été vidée de sa substance. Pis, au delà des dépenses, rien n'a été fait pour l'instant pour relancer l'emploi en Bohème et en Moravie du nord, où le chômage frôle les 30 %. Les deux grands partis (ODS, conservateurs, et CSSD, sociaux-démocrates) prônent des solutions diamétralement opposées : le premier mise sur la flexibilité et la création d'entreprises, le second prévoit d'augmenter les impôts...Christine Dupré, à Prague avec L. J. B.

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